18406997_w434_h_q80Je vois d'ici le regard goguenard et le sourire ironique de mon camarade - oh cela ne sert à rien de te cacher, je te vois, marche - rien qu'à la lecture du titre de ce commentaire. Mais "attention!", comme dirait Dewaere, dans Préparez vos Mouchoirs : d'abord, il ne faut jamais renier en bloc les films qui ont pu faire vibrer nos 15 ans sauvages (je parle pour les autres, moi, j'étais super calme, j'habitais Moulins, ça met po vraiment l'ambiance). Ensuite, moi, Greta Scacchi - qui n'est d'ailleurs pas sans me rappeler, passons... -, aussi bien les cernes que la démarche (vous remarquerez que j'aurais pu tout autant parler des seins, ce que je ne fais point), je trouve qu'elle est tellement lumineuse que j'aurais du mal à la descendre. De plus, ce film est comme jumelé dans mon esprit avec Good Morning Babylonia, non seulement à cause de la Greta mais aussi par le fait d'avoir pris le cinéma en toile de fond - thématique un poil récurrente lors du quarantième anniversaire du festival de Cannes. Je sais que comparer les Taviani avec Kurys, c'est pas super sport, j'essaie juste de vous donner une idée de mon ambiance psychologique personnelle... Ca sent certes méchamment le type qui cherche à se dédouaner. Eh bien non, j'assumerai jusqu'au bout mon ancien petit coup de coeur pour ce film... tout de même bien vide, faut l'avouer aussi...

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Maintenant que j'ai jeté ma carte Greta, me voilà sans vraiment d'atouts en poche. Allez courage. Tournage à Cinecita d'un film sur Pavese. Comme Kurys n'a jamais vraiment été critique à la Pléiade, on en apprendra guère plus sur Pavese que sur Sagan, c'est dire... En gros, le gars était super pessimiste et foirait généralement avec les femmes - c'est un peu maigre. Cela n'empêche point Greta Scacchi de fondre dans les bras de Peter Coyote, qui fait le gars pris à fond par son rôle. L'alchimie entre les deux fonctionnent réellement et c'est l'une des bonnes nouvelles de ce film, avec une image superbement lumineuse (Rome et, il me semble, des paysages de la Toscane à tomber), la présence de Lindon, encore tout jeune mais au taquet, et de la toujours sublime Claudia Cardinale. Comme Diane Kurys est la reine des scénars à plusieurs niveaux - non, je déconne -, il y a des parallèles super pointus entre la double vie de Coyote (marié à la mimi Jamie Lee Curtis et fou amoureux de la Greta) et la frontière poreuse entre réalité (pas facile tous les jours) et fiction (qui rime avec passion mais qui ne dure point, tention!), certaines scènes du "tournage du film 18406996_w434_h_q80sur Pavese" semblant se situer dans le premier niveau de narration avant qu'un "cut" se fasse entendre - c'est subtil, uniquement si on est pas trop réveillé. Il y a aussi une histoire super forte entre Greta et sa mère : cette dernière, après s'être battue pendant des années contre le cancer, arrive en bout de course...; pas grave, Greta semble avoir hérité de la passion que sa mère mettait dans toute chose. Bon, je vois bien que vous êtes un peu déçus par ma soi-disant défense de cette oeuvre faiblarde. C'est vrai que j'ai pas mis le paquet. Mais tenez, écoutez ne serait-ce que la musique de Delerue qui donne à cette plate romance un peu de relief... C'est pas magique ça ? Mouaif!? Et puis demeurent le sourire ultrabright de notre héroïne et ses grands yeux cernés qui m'abattent comme un chêne... Diane, j'ai fait le max, crois-moi.