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Green Snake est d'un kitschissime qui ferait passer un film de Beineix pour une pub pour le jambon Herta. On pourrait passer trois heures à faire la liste des effets spéciaux (les différents monstres - le serpent, la cigogne, le dragon.... - ou le bébé en plastique avec des piles Duracell), de l'esthétisme (oh la belle bleue, oh les beaux rouges, oh ma belle cellophane violette...) ou des idées ringardes (et le sorcier de jeter des miniclochettes animées sur le monstre-serpent pour le faire fuir et celui-ci de se mettre en colère parce que cela fait trop de bruit). Bref si vous voulez vous lâcher, franchement, j'aurais dû mal à vous contredire.

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Malgré tout, le plaisir à revoir cette oeuvre du fou furieux Tsui Hark est toujours là. Le couple saphique formé par Maggie Cheung et Joey Wong, leur synergie, leur charme, leur séduction toujours à la limite du too much y sont pour beaucoup.  D'autant que derrière leur dandinement des fesses pour mettre en émoi un prof (bah facile) et un moine aux super-pouvoirs (vachement plus dur, mais jouable), leurs minauderies, leur voix pétillante et leur sensualité de feu - et d'eau -, se dessinent en creux de beaux portraits de femmes-démons qui ne cherchent jamais qu'à devenir plus humaines; derrière cet érotisme parfois à deux balles, c'est elles qui sont le véritable creuset d'émotion : il faut voir cette séquence avec Joey Wong heureuse de pouvoir pleurer pour la première fois avec une Maggie Cheung grimaçante pour essayer de l'imiter, pour comprendre que derrière ces faux-semblants de séduction se dissimulent des personnages émouvants dans ce monde d'hommes monolithiques. Le film conserve un charme désuet très années 70, un esthétisme désuet très années 80 et pour peu qu'on ferme les yeux sur les fils qui font voler les personnages, demeure un des meilleurs films ovni du Tsui - il est bon parfois d'avouer ses faiblesses, faiblesses que je ressens également pour La fiancée aux cheveux blancs de Ronny Yu, réalisé étrangement la même année.

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On retrouve comme un condensé du meilleur et du pire de ces films de genre hongkongais qui, derrière un délire visuel et l'improbabilité de ces décors de studio en carton-pâte, proposent une virtuosité dans la mise en scène et le montage - le plan-séquence, connaît po. Il faut certes garder l'esprit un peu "à la cool" pour apprécier - m'imagine point avec Rivette à mes côtés dans la même salle - mais il y a suffisamment de répliques qui frôlent le n'importe quoi, de comédie - la Maggie surtout ne se prend pas au sérieux et semble prendre un plaisir immense à se laisser aller - pour y trouver son bonheur. Collector.   (Shang - 31/07/07) 

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Mon camarade a bien fait le tour. C'est clair qu'il faut une certaine dose de second degré pour apprécier cette esthétique quand même plus proche du sachet de Haribo fondu que, mettons, des frères Dardenne. On ne sait pas vraiment si on assiste à un infâme navet ou à un objet tellement "asiatique" qu'il ne peut que nous demeurer opaque : autre culture, autre façon de raconter, et du coup peut-être impossibilité de vraiment apprécier. Ce qui en ressort de ce côté-ci du Pacifique ressemble plus à une comédie qu'à un mélodrame, mais allez savoir quelles sont les vraies intentions de Tsui-Hark... Le bougre, lui, a l'air d'y croire, et nous donne il est vrai quelques jolis moments (la scène des larmes mentionnée par mon compère, le final constitué d'un combat dans le ciel très manga), mais aussi pas mal de scènes ridicules. Un peu l'impression de regarder un "film du monde", quand même, intéressant juste parce que dépaysant.

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Ceci dit, Maggie Cheung joue bien le serpent, et la séquence où elle doit troubler le moine pour lui faire perdre sa concentration vaut des points : moi, elle me regarde, je suis déconcentré (le moine résiste bien 2 minutes, c'est à ça qu'on reconnaît les moines, damned taoïstes) ; et puis il y a effectivement cet érotisme larvé entre les deux soeurs qui peut déclencher quelques frissons. A force de couleurs primaires, on est quand même au bout du compte au bord de l'écoeurement. A regarder l'estomac solide.   (Gols - 27/08/09)

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