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Me voilà bien sceptique devant cet opus final de la trilogie (Choses secrètes, Les Anges exterminateurs) du père Brisseau consacrée, disons-le froidement, au cul. Cette exploration du plaisir sexuel, essentiellement féminin - la femme peut avoir des orgasmes qui pètent le feu, l'homme peut bien, la plupart du temps, se contenter de regarder et s'en inspirer... - se double cette fois-ci, accrochez-vous, d'une dimension mystique, voire psychoanalytique pour ne pas dire cosmogonique (bon sang, après ça, je peux me suffire de mots d'une syllabe). Une jeune femme qui se cherche fera en effet trois rencontres essentielles alors même qu'elle se décide de quitter la petite vie bourgeoise qui l'attend - on acquiesce au départ. Il y aura tout d'abord un étrange individu qui squatte les bancs publics et qui se prend pour le Hubert Reeves du pauvre : le type (Etienne Chicot avec un sacré coup de vieux) se lance dans des considérations sur la vitesse de la lumière et la création de l'univers d'une voix super rauque; ça pose, certes, son homme mais on se demande bien où il veut en finir... Il finira, auprès de l'héroïne, par être béat devant un paysage des Cévennes, ce qui est tout à son honneur; mais était-ce bien la peine de se lancer auparavant dans ses grandes théories qui n'aboutissent à po grand chose ?... Notre jeune femme côtoie également un jeune psychanalyste qui lui fait gentiment un cours tiré du bouquin "Freud pour les nuls" : elle est toute ouïe mais cela lui donne surtout envie de baiser d'autant que le gars est po mal dans son genre. Le type est vraiment complaisant et s'exécute. Comme il est décidément plein de ressources, il la fera également participer à un genre de partouze sous hypnose (l'hypnose était-elle bien utile? Question purement rhétorique, pour le fun) et durant l'une des séances en solo, une autre jeune femme, Mina, connaîtra un orgasme mystique - genre de tour à la David Copperfield en plus sexy. Bien.

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Laissons le mot de la conclusion à Etienne Chicot qui avoue que jouer avec l'hypnose c'est dangereux (ok) et que finalement on ne sait rien sur le sens de la vie (ah!?) - ce qui dénote malgré tout une certaine modestie chez le gars Brisseau, lors de ses expériences cinémacugraphiques. Même si le film bénéficie d'une couleur chaude, de plans séquences classieux qui font monter une certaine tension (sans commentaire) et également de dialogues quasi-rohmeriens - elle s'en pose des questions, la bougresse et ça discute sec entre deux scènes masturbatrices -, le film s'achève sans qu'on parvienne réellement à déterminer les intentions du cinéaste... Il teste, c'est certain, il questionne (bravo) mais part tellement dans tous les sens que ce big bang érotique laisse au final guère plus d'impression qu'une étoile filante... Pfffit. Sceptique, disais-je, et je préfèrais autant le bougre lorsqu'il s'attaquait au problème de fond de notre société vacillante.