Offre d'Emploi de Jean Eustache - 1980
Voilà le dernier film de Jean Eustache, celui qu'il a réalisé juste avant de se faire sauter le carafon, et c'est vrai que quand on le regarde on a quelques tendances suicidaires qui jaillissent. Dans la lignée d'Une sale Histoire, ce court-métrage pratique un humour tellement pince-sans-rire qu'il en devient privé d'humour, ce qui est remarquable. C'est juste de la colère, ou plutôt du désespoir, mais qui a encore le dernier sursaut de la critique politique. On suit le cheminement d'un homme qui postule pour un emploi, et Eustache dissèque soigneusement chaque étape de la chose : on souligne la petite annonce dans le journal, on a un premier entretien, on écrit la lettre de motivation, qui se retrouve entre les mains d'une graphologue, etc. Offre d'Emploi est assez mystérieux, sûrement trop court pour qu'Eustache parvienne à aller au bout de la critique acerbe qu'on sent poindre. Visiblement le projet est de démonter la déshumanisation complète des rapports entre offre et demande dans le monde de l'entreprise. A force de scruter avec des méthodes artificielles la psychologie des demandeurs, le processus devient monstrueux, privé d'affect. Le dernier plan, montrant un premier de la classe vanter les mérites de l'analyse sémantique des entretiens d'embauche, fait froid dans le dos. Le monde décrit ici est glacial, totalement désabusé, et Eustache met bien le doigt sur la monstruosité des rapports professionnels si aboutie aujourd'hui. La mise en scène est sèche mais inspirée (alternance de gros plans qui enferment les personnages chacun dans leur univers, un magnifique travelling lattéral lors du premier rendez-vous qui dévoile subtilement le malheur de ces chômeurs en attente), le ricanement est omniprésent, mais on aurait aimé que pour son adieu au monde, Eustache ait la possibilité d'aller plus loin, de montrer cet engrenage de dément jusqu'à son aboutissement.
Commentaires sur Offre d'Emploi de Jean Eustache - 1980
- ((en attendant alix?))les courts métrages d'Eustache sont âpres et beaux;

une petite chose à noter, à propos de ce film :
malgré le côté un peu "démonstratif" (qui me rebute plutôt) et sec, Eustache filme encore et toujours, furieusement l'humain, son semblable, un mystère, oui.
(ps suggestif : il me manquent un peu, Delvaux et Vecchiali, à gauche..)
salut amical ! - PatienceAlix va venir d'ici peu, ami Patience. Patience.

Il me semble que dans celui-ci, en tout cas, ça se déshumanise plutôt, dans ce système de mécanisation des étapes de la recherche d'emploi...
Delvaux : c'est noté, ça viendra aussi
Vecchiali : visiblement Shang fait la grimace, mais ça viendra aussi. Notre but inavoué est de nous taper les 250000 films qui ont été faits depuis la naissance du cinéma (sauf les Lelouch), donc un jour ou l'autre...
Et le salut amical est renvoyé.
Gols - Des films qui vous brûlent.Les films d'Eustache vus le plus souvent une fois ou deux. Hors La Maman et la Putain, les Petites Amoureuse, les Mauvaises fréquentations les trois repiqués sur VHS à la TV mais pour Une Sale Histoire je n'en ai eu que la moitié) La TV n'avait rien compris : elle n'avait passé que la 1ere partie.

Les films d'Eustache ? des brûlures qui marquent une vie. Comme j'aimerais revoir ses courts.













