untitledIl faut bien reconnaître la triste vérité : Parking est une petite bouse. C'est bien simple, on dirait parfois du Lelouch, dans cette naïveté absolument infâme de cucuterie, dans cette méconnaissance complète des rythmes de montage et de scènes, dans cette direction d'acteurs insâne. Où est le bon Demy dans ce sous-produit kitchissime dont Gold ne voudrait pas pour un de ses clips ? Il n'est à chercher que du côté du projet lui-même, le mythe d'Orphée ayant jalonné sa carrière. Cette fois, il s'y attaque frontalement, adaptant l'histoire dans une fresque qu'il voudrait moderne : Orphée est devenu un chanteur de rock glamour, et Eurydice une junkie. Dans les bonus, Demy a l'air pas peu fier de sa trouvaille ; elle est seulement ridicule. Jacquot semble être complètement déconnecté de son époque (ce n'est pas nouveau, mais là c'est dans le mauvais sens du terme), fabriquant un chanteur ringardissime et sans aucun charisme (Huster, affligeant), et tricotant des chansons que Guy Béart aurait trouvé mièvres. A tous les postes, le film s'effondre : musique de Legrand inécoutable, montage insensé, dialogues pauvres, et surtout interprétation terrassante. Dans le rôle untitled1d'Eurydice, on a droit à une Japonaise anonant son texte comme une langue étrangère, avec un curieux tic nasal assez rigolo ("Orfiibondabuuur", comprenez "Orphée, mon amour"), et on se tape aussi Hugues Quester en doudoune de ski censé représenter le passeur des Enfers. C'est consternant, surtout dans les scènes de concert : non seulement la musique est horrible, mais Huster est totalement fantômatique et terne, là où il aurait fallu une vraie aura mythique. Allez, pour rester sur une bonne note, accordons un satisfecit au couple Jean Marais/Marie-France Pisier, assez funs en gardiens des enfers dépassés. Demy voulait éviter la copie du film de Cocteau : il peut être satisfait de ce côté-là. Tellement naze que ça pourrait bien devenir culte.

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