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Toujours un plaisir de découvrir un nouveau réalisateur japonais qui nous amène ici dans l'univers très zénifié d'un spa. Point d'élucubration philosophique à La Montagne Magique de Thomas Mann, mais une même plénitude qui traverse ce récit où l'on reconnaît ici et là des acteurs familiers du cinéma d'Ozu (dont notamment l'excellent Tatsuo Saito). La vie tranquille dans un spa le temps d'un été avec un petit groupe qui se forme et sympathise au cours de ces journées qui enchaînent les mêmes rituels. Parmi ces individus, un professeur moustachu qui ne cesse de se plaindre du bruit et des groupes organisés qui squattent sporadiquement l'auberge et les masseurs, un jeune couple avec un mari qui ne cesse de s'aligner sur les remarques de sa femme, un grand-père avec ses deux gamins et un jeune homme qui va "malencontreusement" marcher sur une épingle à cheveu en prenant son bain. Il ne peut s'empêcher d'imaginer la beauté de la jeune femme qui a égaré son épingle - cet incident ne peut être que "poétique" - et celle-ci ne tarde point à rappliquer au spa pour s'excuser, abandonnant toute affaire cessante sa vie à Tokyo. On devine que les deux jeunes gens vont forcément flirter (c'est soft, tout juste interdit au moins de 5 ans - ouais, si on est pas capable de lire les sous-titres, c'est pénible) et qu'ils vont amener un peu de fantaisie dans ces journées très balisées (les exercices du matin, la baignade, les exercices de l'aprème, une partie de go, la bouffe...).

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Le gros morceau devient, chaque journée, la tentative pour notre estropié de battre son record de la veille : faire 50 mètres puis 100 mètres d'un arbre à un autre, traverser un pont fait de planches branlantes, monter des escaliers escarpés... Cela devient pour les deux gamins, le jeune homme et la jeune femme de Tokyo, une vraie petite cérémonie au cours de laquelle, chaque jour, un petit bout de chemin intime est effectué... Les deux gamins "ozuesques" qui encouragent et commentent les progrès du jeune homme apportent une petite touche de comédie, le visage de la jeune femme qui s'illumine de jour en jour mais se teinte parfois subitement d'une ombre, à l'idée de l'été qui touche à sa fin - synonyme de séparation -,  illustre les petits plaisirs de cette vie simplissime et le mini drame amoureux qui se joue, les multiples remarques grincheuses du professeur (qui réveille la nuit tout son monde en ronflant comme un cochon (lourd, le gars, 24 heures sur 24) mais qui s'adoucit de jour en jour au contact de ces sympathiques curistes) amènent une pointe de causticité bon enfant alors que cette micro société devient de plus en plus complice. Une petite brise nipponne tout à fait charmante et destressante comme un massage, filmée toute en douceur (seule la scène d'ouverture filmée en "caméra portée" (ou scotchée sur le dos d'un mulet boiteux) est un peu chaotique, ensuite quelques jolis travellings latéraux et une belle variation dans les angles de prise de vue pour embrasser notamment au maximum les espaces naturels sont les bienvenus) qui donne envie d'en découvrir plus sur cet auteur... Ca tombe bien, j'en ai d'autres sous la baguette.      

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