Mastroianni en pleine bourre dans cette comédie sicilienne adultérine. Affligé d'un petit tic dès qu'il ressent le moindre problème - un petit pschitt du coin de la bouche -, il passe le film à faire une tête d'enterrement en priant pour que tout se goupille pour le mieux. Cheveux gominés ultra classe ou po rasé avec les cheveux frisés en quenouille, notre Marcello à petite mine reste craquant - quand il tente désespéremment de serrer et d'embrasser sa cousine lors de l'enterrement du père de celle-ci ou lorsqu'il croise par hasard la femme qui vient d'assassiner son propre mari... parti avec la femme du Marcello ("ben et mon honneur, moi...?!" dit-il l'air tout bêta). Belle ambiance sicilienne plombante, sympathique petit air de comédie noire lorsque le Marcello imagine sa femme mourir de multiples façons, mais également petite baisse de régime sur la fin lorsque Marcello attend que sa femme fasse un faux pas pour la flinguer...

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Marcello est fou amoureux de sa cousine - Stefania Sandrelli, 15 ans..., (nonnn?, ah ben si, j'ai bien fait de me taire, moi) - mais se retrouve marié depuis 13 ans avec un véritable pot à tabac : sa femme a plus de moustache que Christine Boutin (enfin, vous voyez, c'est dans l'esprit bien sûr), des sourcils plus épais que ceux de Bernard Pivot et un air aussi niais que la Carla quand elle applaudit son mari en essayant de ne pas rater ses mains. Stefania, c'est la jeunesse, la passion, les limbes de la beauté féminine... Une fois que cette dernière a embrassé tendrement le Marcello dans leur petite courette - ils habitent dans la même demeure -, le Marcello ne va avoir de cesse (en invitant chez lui, pour restaurer les fresques sur ses murs, un homme amoureux de sa femme depuis toujours et en cachant un micro dans la pièce) de vouloir piéger sa propre femme. Cocu de notoriété public, il attend patiemment son heure pour se débarraser de sa femme...

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Le plus fendard demeure les multiples réflexions de Mastroianni en voix off, personnage qui imagine constamment la façon dont son procès va ensuite se dérouler. Méticuleux dans la préparation de son propre cocufiage, le Marcello rumine en silence son désir d'émancipation. Il est prêt à passer pour l'homme le plus couillon du village pour voir son seul et unique rêve se réaliser. Famille sicillienne hurlant, complot mafieux que l'on devine, lettres de délation ou d'insulte qui affluent, l'ambiance est aussi lourde que le soleil qui tape sa race sur la place du village. Lors d'une séance de La Dolce Vita devant une salle pleine à craquer et muette d'admiration - clin d'oeil sympa au père Fellini -, Marcello décide de retourner chez lui pour coincer sa femme et connaître peut-être enfin cette fameuse douce vie promise, quitte à passer quelques années en prison... Sera-t-il pris à son propre piège ou l'amore parviendra-t-elle à triompher? il n'est pas forcément question de morale chez le Germi qui s'amuse de ce pantin d'homme tiraillé par cet amour enfantin ou divin... Excellente prestation du Marcello en tout cas dans un film qui péchouille un poil, au niveau du rythme, dans son second pan (mais c'est vraiment pour faire la fine bouche).