macunaima1

On ne peut reprocher au cinéaste sa vision totalement délirante de la société à travers les aventures très chamarrées de ce héros brésilien "sans caractère": de la jungle à la ville puis de la ville à la jungle avec entre-temps moult péripéties sexuelles, du cannibalisme, des attentats, une mystérieuse pierre magique et une bonne dose de marijuana... On sent chez de Andrade la volonté de faire un film haut en couleurs tout en soignant sa mise en scène, de livrer une oeuvre à la fois ponctuée de multiples petits gags visuels et d'effets sanglants ("Tu as faim, tiens prend un bout de mon mollet", et l'homme de lui tendre une tranche bien saignante... blourp...; sans parler de cette piscine où les corps flottent les tripes à l'air...); un film qui échappe à tous les carcans rigides et qui prouve que l'esprit soixante-huitard a bien essaimé un peu partout. S'il faut reconnaître quelques bouffées enivrantes assez libératrices (on oscille entre les Monthy Python et Jodorowsky à défaut d'avoir d'autres références...) dans ces multiples saynètes parfois assez saugrenues (notre héros qui se fait bouffer dans une marmite par trois grosses femmes avant de se retrouver sexuellement harcelé dans une baignoire par l'une d'elles...) - un film réalisé alors que le pouvoir brésilien ne rigolait po vraiment -, je dois admettre que j'ai perdu parfois un peu le fil en route (mais qu'est-ce qu'il veut bien vouloir nous dire, là, le bougre...?), sûrement, en grande partie, par manque de connaissance de cette culture... Un objet rasant non identifié qu'il ne fait pas de mal de découvrir à défaut de toujours se sentir vraiment concerné par ce trip jaune et vert, pour ne point dire multicolore...   

macunaima3