Premier film américain pour la Greta, et la chtite de tout dévaster sur son passage avec cette histoire d'amour très tourmentée. La bougresse a tout juste vingt ans et sait déjà user de son diabolique regard hypnotique. On l'entend rire aux éclats de loin - même si le film est (dans ma version) totalement muet, ce qui repose - et elle parvient à exprimer en un clin d'oeil son amour langoureux pour son Espagnol, Rafael (forcément), qui a un peu les deux pieds dans la même espadrille, son dédain franc du collier pour ce dernier qui se pavane en député ou encore, sur la dernière image, l'immense vide de sa vie.

bscap00052ie

Les Amours donc entre nos deux jeunes gens - lui friqué, elle nan - qui, dès le départ, embaument les fleurs d'oranger. Ils se rencontrent en cachette sur une petite murette et se comptent fleurette en échangeant justement des fleurs et quelques baisers. C'est primesautier comme pas un, seulement la mère du gars Rafael a pas envie qu'il bousille sa vie avec cette pampelunette ou devienne joueur de tennis. Comme elle demande de la thune aux parents de la Greta et menace de les expulser - c'est leur proprio -, la Greta n'a d'autre choix que de se barrer à Paris pour tenter une carrière de chanteuse. La Greta deviendra la Brunna, laissant l'appellation la Bruni à d'autres. Il y aura par la suite de multiples retrouvailles entre la Greta et son Rafael, les deux amants ne pouvant apparemment jamais vraiment oublier leur ancien serment. Et pourtant le Rafael va foirer à chaque fois qu'il a la possibilité de s'unir à la Brunna, la mère de celui-ci le manipulant comme une muleta. Il fera preuve néanmoins d'un certain courage lors de ce fameux torrent qui envahira la ville - son petit bateau en transparence sur la maquette des eaux tumultueuses est mignon comme tout - en allant se porter au secours d'une Greta qui lambine tranquillement dans son lit. Il y aussi cette belle scène de retrouvailles où le soir de ses fiançailles avec l'élue de sa mère (Remedios, la gonzesse, qu'elle se nomme, pas un cadeau - heureusement son pôpa c'est le roi du porc et ça, ça marque un max): il erre dans le verger d'oranger et la Greta de descendre des escaliers pour aller pile-poil à sa rencontre : les deux ne peuvent s'éviter et pourtant, jusqu'au bout, ils foireront lamentablement; ils auront beau avoir par la suite tout le succès qu'ils veulent dans leur taff (elle, chanteuse,  lui, député), toute leur vie leur manquera ce soupçon d'amour sans lequel..., ben sans lequel la vie est infernale, voilà tout.

Annex___Garbo__Greta__Torrent__01

On sent que tout est déjà fait pour prendre la Greta sous son meilleur angle, même si, malheureusement, c'est filmé souvent "un peu trop à plat" pour nous faire totalement chavirer. La scène centrale du torrent qui brise le barrage amène un peu d'action mais sinon, même si à chaque retrouvaille les deux amants se donnent le baiser qui tue, on reste un petit peu sur notre faim - d'autant que le schéma "on s'aime mais on doit se quitter mais on se retrouvera, on s'aime..." est répété un peu à l'envi. Il n'en reste pas moins que la Greta a posé le pied en terre cinématographique américaine et semble déjà destinée à laisser son étoile sur un trottoir - voilà une conclusion qui prend po vraiment de risque, quand même, a posteriori.    

bscap00068va