2003500645767532726_rs

Terrible impression d'avoir mangé mon pain blanc à la vision des trois quatre derniers films de Borzage. Le voilà à nouveau enrôlé par la Navy et notre pauvre cinéaste, sûrement aveuglé par les uniformes des hommes en blanc, nous livre un film d'une platitude de mer du Nord. On retrouve sans vraiment de passion le couple vedette de Flirtation Walk, Dick Powell et Ruby Keeler, et une fois de plus leur amourette est molle comme un sandwich qui serait resté trop longtemps sur le pont. L'histoire est tellement insipide qu'elle semble avoir été écrite par le gars qui joue du clairon : un crooner, Dick, est charrié par son père qui est un super Commandant dans la Marine; "T'es qu'une lavette, petit branle-manette, j'suis sûr que tu serais même po cap d'avoir le concours d'entrée". Dick est vénère et passe le concours : "Et regarde, j'l'ai eu, j'l'ai eu mais je continue po". "Mon fils, tu n'es qu'un singe à roulettes, indigne de la lignée des Melville". "Ben puisque c'est ça, ren que pour t'embêter je continue...". Etant pour ma part aussi pacifique qu'une éponge, je comprends mal comment le gars peut être aussi couillon pour rentrer à la fois dans le jeu de son pater et dans cette prison militaire... Le pire, c'est que notre Dick s'isole complètement des autres pour briller aux examens et il ne se passe absolument rien pendant 1h40 (deux trois pauvres séquences de bizutage absolument ridicules, sinon des défilés passionnants comme un 14 juillet sur les Champs Elysées)... Des fois, il voit la chtite Ruby ("I feel empty, Dick" - intraduisible), il pousse parfois la chansonnette - ce qui me permettait fréquemment d'aller chercher du Coca frais au frigo - et Ruby se lance même dans un numéro de claquettes avec ses longues gambettes gainées qui m'a tenu éveillé pendant 30 secondes - mais sinon, il n'y a absolument rien à sauver. Dick joue au héros dans les cinq dernières minutes du film - cool, on a notre scène sur le lit d'hôpital où il se réconcilie avec son père et ses potes, on respire - mais cela fait longtemps qu'on attend plus qu'une chose : le générique de fin. L'armée bousille bien tout ce qu'elle touche, c'est un fait avéré... 

2003507098532879663_rs

à l'aborzage ! clique