metropolitan

Production américaine indépendante du début des années 90 qui s'annonçait a priori sans prétention et plutôt plaisante. L'expérience s'est malheureusement révélée terriblement ennuyante, et c'est bien parce qu'hier soir je n'avais même plus la force d'appuyer sur le bouton "pause" de ma télécommande que je suis allé jusqu'au bout. L'idée de départ est bien maigre : un type d'une classe sociale relativement moyenne se retrouve embringué dans des soirées chez les U.H.B., comme ils se définissent eux-mêmes : entendez par là "Urban Haute Bourgeoisie" - rien à voir avec le lait donc même s'ils font partie de la crème - ahah aha aha (rire gras). Que font-ils donc ces gaziers habillés comme des pingouins même quand ils ne sortent pas et ces gazelles vêtues de robes bouffantes avec de gros rubans qu'on dirait des paquets cadeaux vides ? Ben, ils se regardent exister, se font, la plupart du temps, sans trop se l'avouer, chier comme des rats morts et surtout discutent à n'en plus finir; leur grande passion c'est les mots de plus de trois syllabes, les expressions alambiquées qu'on trouve que dans les livres et un sens aigu de la phrase longue qui ferait passer Proust pour un minimaliste. C'est certes assez ambitieux en soi, dialoguement parlant, mais creux comme une huître en plein Sahara, fondamentalement parlant. Cette petite richesse dorée en germe se fait du souci pour son petit avenir, ça dragouille mollement, ça danse le cha-cha-cha comme ma grand-mère et surtout quoiqu'ils disent ils restent sérieux comme des papes, comme si chaque phrase mériterait d'être gravée dans leur assiette. Cela se veut sûrement - enfin j'espère - plein d'autodérision mais l'ensemble manque tellement de fantaisie qu'on tombe rapidement dans une pauvre complaisance froide. L'évolution du scénar - la relation amoureuse entre notre rouquin très middle-class et une midinette friquée qui doute -, on la voit venir une heure à l'avance et on pousse un "ouf" de soulagement quand le générique défile. J'ai dû finir totalement vautré sur le canapé, rempli d'une totale désolation cinématographique. Bien maigre. 

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