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Un polar qui commence tranquillement sur la route des vacances et qui vous cloue littéralement (y'a une subtilité, verrez si vous n'avez pas encore découvert ce film...) dans les derniers instants. La curiosité est un L_HOMME_QUI_VOULAIT_SAVOIRbien vilain défaut, c'est un peu la leçon qu'on pourrait en retirer à travers ce personnage qui, pendant trois ans, va être obsédé par le fait de savoir ce qu'il a bien pu advenir de sa compagne; cette dernière a disparu sur une aire d'autoroute et notre homme continue de recevoir de curieux rendez-vous : il sent que le kidnappeur l'observe sans jamais pouvoir mettre la main sur cette personne qui n'a de cesse de le titiller avec cette histoire. Le kidnappeur présumé, incarné par un Bernard-Pierre Donnadieu auquel on donnerait le bon Dieu sans confession, est un homme tout ce qu'il y a de plus normal en apparence : marié, deux enfants, prof de chimie (je me suis toujours méfié des profs de chimie mais c'est personnel), il semble prendre un malin plaisir à jouer avec les frontières du bien et du mal, pouvant aussi bien se montrer "héroïque" que se laisser envahir par son côté obscur... L'incident fondateur à la base de son comportement semble être sa décision, prise à l'âge de seize ans, de sauter du haut de son balcon : alors que tout le retenait pour ne pas réaliser cet acte dangereux, il osa malgré tout (et peut-être "justement") se projeter dans le vide. De la même façon qu'il évoque dans le film la façon avec laquelle il est parvenu à passer pour un héros aux yeux de sa fille en sauvant une gamine de la noyade, sa folle décision de kidnapper une femme paraît uniquement stimulé par l'envie de prendre le contre-pied de cet acte glorieux... De la psychologie alambiquée du prédateur qui rôde... Ou de la face obscure en chacun d'entre nous...

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Même si la narration est assez éclatée - de nombreux flash-back imbriqués dans le récit -, le film de Sluizer n'a rien de vraiment éblouissant au niveau de la forme : images qui manquent d'un poil de luminosité, des acteurs - à l'exception du troublant Bernard - qui peinent à convaincre et un suspense qui monte uniquement dans les dernières minutes. On est sur un faux rythme mais c'est aussi cela qui donne un certain charme à ce film : tout semble calme en apparence alors que la perversité d'un Bernard, calculateur et précis comme un chrono, est bien présente, bouillonne, dans les tréfonds de son âme. Sluizer joue avec parcimonie du passage de l'ombre à la lumière et vice versa (la séquence en ouverture dans le tunnel, le curieux rêve prémonitoire de la femme à propos des "oeufs dorés" (qu'est-ce?... Verrez, j'ai dit), les phares de voitures dans la nuit, le final...) et nous manipule gentiment en nous mettant dans la peau de ce touriste hollandais impatient de découvrir le pot-aux-roses... Diablement malin, surtout sur le final, à défaut de totalement subjuguer tout du long.