1sSérie mythique pour certains, divertissement sans intérêt pour d'autres, en tout cas vraie rareté qui vous plonge brusquement dans une autre dimension, Les Vampires constitue une curiosité indéniable. Le moins qu'on puisse dire à la vision de ce premier épisode, c'est que Feuillade fait du cinéma comme on n'en fait plus. Une succession de plans fixes qui cadrent sans complexe le sujet, point barre, on est encore un pied bien ancré dans le théâtre. La mise en scène du sieur est d'une platitude totale, et franchement on cherchera en vain quelque chose de ce côté-là. D'autant que Feuillade ne doit pas connaître le sens du mot ellipse : le film est extraordinairement vide, constitué à 75% de scènes inutiles. Si un personnage se rend d'un lieu à un autre, on ne nous épargne rien : je sors de la maison, je monte dans la voiture, je démarre, je roule, je m'arrête, je sonne au portail du château, le jardinier vient répondre, il ouvre le portail, je remonte en voiture, je rentre dans la propriété, le jardinier referme le portail, cut. Ouf. En 1915, la grammaire du cinéma n'était pas vraiment défibscap017ol2nie, certes, mais n'empêche : pour un film soi-disant de suspense, Les Vampires ne montre bien souvent que le vide intersidéral, de moches plans fonctionnels et dix fois trop longs (les conversations sont filmées du début à la fin... en muet, avec force gestes de mime pour nous aider à les comprendre), ou des transitions entre deux scènes qu'on aurait pu couper sans problème.

Au niveau scénar, alors, quoi de neuf ? Eh ben pas grand-chose de plus. On dirait un vieux Tintin, mais sans évènement. Le héros, le journaliste Philippe Guérande, manque vraiment de sel (cette phrase contient un jeu de mots), et est aussi astucieux qu'un basset d'intelligence moyenne. C'est pourtant très rigolo de le voir se prendre la tête pour résoudre des énigmes que tout bon lecteur du Journal de Mickey aurait résolue en deux minutes. Genre : "Mais comment le cambrioleur a-t-il bien pu rentrer dans la chambre fermée à clé si ce n'est par cette trappe dissimulée derrière un tableau ?", ou "Ca alors ! un coffrbscap009ef3et avec une tête coupée à l'intérieur à l'entrée d'un tunnel ! Dois-je prendre ce tunnel ?... euh, non".

Bref, c'est quand même très plat, malgré un plan final qui a dû faire sauter de joie Assayas : une forme toute de noir vêtue qui glisse le long d'une gouttière (ça prend quand même environ 17 minutes, et la donzelle a dû méchamment se faire mal au passage, c'est pas Bruce Lee), histoire de nous faire attendre le deuxième épisode avec fébrilité. Je vous avoue que je suis pas impatient, mais je vous tiens au courant.

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