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Polar trés classique et tout à fait vintage (quand on écoute la musique au début, on a peur d'assister à un épisode de Columbo un peu gonflé; en fait (ah les fameux verres fumés de mon père, tout comme ceux du dealer d'armes!) c'est surtout parce que le son et les couleurs nous rappellent notre enfance - et donc Peter Falk, le tueur du dimanche aprèm...) qui fait la part belle aux personnages, Robert Mitchum en tête et Peter Boyle dans un rôle à double tranchant; Robert, donc, continue de fricoter avec le milieu pour arrondir ses fins de mois et vit tout à fait paisible auprès de bobonne et des gamins; il continue de fréquenter une bande de types auxquels il fournit des armes. Cette armada est spécialisée dans le hold-up de banques : leur truc c'est de prendre en otage la famille du banquier - ça l'air plutôt facile, en fait - et de laisser le banquier ensuite les mener gentiment jusqu'aux coffres. Tout se passerait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Mitchum n'avait pas été serré quelque temps plus tôt en train de transporter un chargement illégal d'alcool : il risque deux à cinq ans de prison sauf si, bien sûr, il lance les flics sur une piste. On sait bien, nous, spectateurs fidèles, que Mitchum, c'est pas une balance, mais bon quand on est sur la corde raide... Il deale avec les flics pour les mettre sur la piste de son fournisseur d'armes et pense pouvoir ensuite dormir tranquille. Le pitit problème, c'est que les flics sont toujours plus gourmands et que Mitchum n'est pas non plus le seul a jouer les balances : son pote Peter Boyle, serveur dans un bar, joue également au jeu du chat et à la souris entre le FBI et les truands. Attention à ne po se faire prendre par la tapette...

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Yates joue surtout sur les ambiances feutrées et sur les regards fatigués et las, notamment ceux d'un Mitchum qui ne pense qu'à rester au chaud dans son placard. Pas de sexe - apparemment les scènes (au moins une) ont été coupées au montage -, pratiquement pas de violence - les hold-up se passent généralement dans le calme et la tranquillité (ah oui, un type fait le mariole, mais po longtemps), l'action se limite presque à l'arrestation un poil musclée du dealer d'armes et pour le reste c'est surtout un puzzle qui se met peu à peu en place... On se demande forcément tout du long qui parviendra, en fonction de ses alliances, à en sortir gagnant. Un ultime et soudain coup de feu, sur la fin, nous assoit dans notre fauteuil, un peu finalement comme dans Le Meurtre d'un Bookmaker chinois - autre polar dans un genre, tout de même, différent - coup de semonce qui ponctue pratiquement la fin de l'histoire. Pas d'épate donc mais une belle direction d'acteurs et un scénar en béton pour ce polar d'une belle allure malgré son âge - les années 70, on le dit et le répète, sont souvent ingrates au niveu de l'esthétisme; magnifique nouveau transfert cela dit, signé Criterion, of course...      

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