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Faut reconnaître que chaque film de Robert Day marque des points pour tout bon amateur de série Z - mais de B à Z il n'y a souvent qu'un pas - dans l'espace. Le lieutenant Dan Prescott est aux commandes du premier avion supersonique qui quitte l'atmosphère terrestre - la preuve, on voit mieux les étoiles. Dès son premier essai, on comprend que c'est un peu une tête brûlée - il tarde à obéir aux ordres, la pression ionosphérique a bon dos - et cela ne va po lui porter chance. Son frère, le fameux Commandant Prescott dirige la manoeuvre d'en bas et l'atmosphère dans la base est tendue comme un slip en Teflon. Tout le monde fronce des sourcils devant son TO7 70 et comme les ordis ne sont pas vraiment super impressionnants, Day rajoute plein de petits squizzz et de chafouins boooups qui font leur effet. Il a piqué les images en avion à l'armée américaine et la tension est à son comble. Dan revient finalement sur terre et disparaît dans la nature pour se jeter aussitôt sur le divan d'une comédienne italienne de seconde zone à l'accent al dente. Son frère lui prend le chou dès qu'il le retrouve - "Bon Dieu, Dan, tu devais respecter le plan à la lettre! " mais Dan repart tout de même - c'est un super pilote - pour une nouvelle mission aux commandes du Y-13 (le Y-12 est mort, on a pu seulement sauver le feu arrière).

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Une nouvelle fois, face aux étoiles, il n'en fait qu'à sa tête, pousse la machine à donf, traverse de la poussière de balai d'étoiles et on perd contact avec notre homme. On retrouve finalement sa machine toute craquelée, mais aucune trace de l'homme, mince. Des vaches ont été égorgées alentours, cette info lâchée au hasard aurait-elle un lien avec notre histoire? Personne n'ose y croire... Et pourtant si : après une première ombre qui nous laisse entendre que Dan est devenu un monstre qui marche maladroitement mais défonce super bien les portes, on ne tarde point à avoir un premier contact visuel : il a un aspect spongieux entre un gros champignon moussu et un pneu Michelin après un grand prix de Formule 1 à Indianapolis. Mais pourquoi notre homme est-il devenu assoiffé de sang, hein? Bon là, on entre dans la partie théorique du bazar avec un Professeur forcément allemand qui parle de rayons cosmiques, d'autoprotection et de combinaison fondue, on comprend rien mais on acquiesce malgré tout. Notre Dan continue de semer la panique et les cadavres sur son passage - il est devenu en plus tout bulletproof dans l'aventure, po facile à stopper - et il conduit des bagnoles comme un type qui sort de boîte après deux bouteilles de Chivas. Il tente en fait de se rendre tout clopin-clopant à la base : y va-t-il pour tout péter ou pour embrasser une ultime fois l'Italienne qui s'inquiète à outrance pour son pneu adoré ? Un final palpitant qui vous laisse à court d'oxygène (j'en rajoute sûrement un peu), une bonne vieille série B américaine des années 50 tellement vieillie que c'en est presque touchant. Ouais, mais c'était un pionnier, me direz-vous.   

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