18959364_w434_h_q80Dernier né du père Hayao Miyazaki, Ponyo s'inscrit délibérément dans la veine de Totoro, à savoir qu'il s'adresse surtout à un public de très jeunes enfants. Non point qu'il y ait suffisamment de poésie pour plaire à bibi, attention, mais enfin la trame tient sur un coquillage : un chtit bout de chou/poisson rouge s'échappe de la garde de son père, grand sorcier des mers, rencontre un chtit gamin sur la plage et rêve de devenir humain - mais il est repris par le papa, gasp; il provoque un véritable tsunami en s'échappant une seconde fois, libérant un élixir magique, mais tout finira par rentrer dans l'ordre - bon ok un gros coquillage quand même. C'est mignon tout plein, la séquence d'ouverture justifie à elle-même le détour - 15.000 méduses, au moins, avec des petits trucs bizarres partout - et le coup de crayon des studio Ghibli, sans aucun pixel d'ordinateur, garde tout son charme. Miyazaki enfonce bien le clou pour montrer à quel point la mer est devenue dégueulasse dans ses fonds, et pas seulement parce que les poissons y baisent dedans. Quelques petites piques écologiques qui ne font jamais de mal... Le tsunami sera l'occasion d'un déferlement de poiscailles en tout genre, une tempête qu'on regarde en finissant les cheveux mouillés. L'alchimie entre les deux bambins fonctionne comme sur des roulettes sans jamais tomber dans la mièvrerie, et c'est déjà un bon point. La musique quant à elle est peut-être un peu trop omniprésente mais apporte souvent du souffle à l'action. Bon voilà, on va pas non plus en faire tout un sashimi, c'est plaisant comme tout à regarder et cela permet de ressortir, pour un temps, de sa vieille poche percée, ses yeux d'enfant. Pas perdu de neurones sur l'occase, c'est toujours cela de pris.   (Shang - 02/10/08) 

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ponyo2Je ne suis pas forcément un inconditionnel de Miyazaki, mais je dois avouer m'être laissé prendre au charme de Ponyo sur la Falaise. Peut-être parce que, pour une fois, il délaisse les inspirations mystiques un peu mornes pour s'intéresser à une poésie plus naïves, plus directement destinée aux tout-petits. Le film ne pète pas loin, il est juste joyeusement coloré et mignon, et finalement c'est peut-être là que Miyazaki est le meilleur. Il retrouve son talent pour dessiner des paysages simples, et livre d'ailleurs ici un de ses plus beaux décors : une maison perchée sur une falaise, symbole de solitude qui colle bien avec la vie du petit héros. Isolé avec sa mère dans cette maison, coincé entre une école dans laquelle il a du mal à s'inclure et une maison de retraite ouatée, le petit Sosuke passe son temps à observer avec des10 jumelles son pôpa marin qui passe avec son bateau au large de la maison, ne communiquant avec lui que par signaux lumineux. Il est enthousiaste et heureux, mais il lui manque indéniablement quelque chose, et Miyazaki pointe très subtilement ce manque en plantant un univers particulièrement réussi. Les personnages "humains" sont parfaits, surtout la mère dépassée, femme-enfant qu'on découvre uniquement à travers les yeux de l'enfant.

Miyazaki va faire déferler sur ces deux êtres un tsunami dantesque, qui va aller de paire avec la découverte de l'amour chez le bambin. Là aussi, belle idée que cette rencontre entre l'humain et l'animal (Ponyo, un poisson qui rêve de devenir fillette) à travers les éléments : la scène centrale, tempête immensément poétisée par la vision de Miyazaki, inquiétante et fascinante, moitié-naturelle moitié-humaine, ponyoest superbe. Le film se teinte de couleurs sombres, d'une sourde menace et d'un flot de motifs qui dépassent complètement les personnages : on a vraiment l'impression de se frotter à quelque chose de cosmique, alors que Miyazaki laisse à l'intérieur de ce chaos toute sa place à l'intimité de ses héros (plusieurs dilemmes s'y jouent, de la responsabilité maternelle à la naissance de l'amour). Discours écolo, délires de couleurs, audaces esthétiques (les vagues humaines), le film brasse plein de sujets tout en restant au plus près de ses petits spectateurs, se moquant bien des adultes qui les accompagnent. Dans les moments de calme, les aventures de nos deux gamins sont mignonnes comuntitledme tout, craquantes à souhait (très jolies voix françaises), et pleines de petits détails attachants : Ponyo qui dévore des tranches de jambon, un bateau-jouet qui se transforme en vaisseau, un tunnel inquiétant et très kurosawaien comme symbole des peurs enfantines, des petites vieilles qui pètent la forme, c'est charmant et superbe à regarder. Le film reste en plus d'une belle abstraction, traitant la logique à la rigolade, et laissant plein de portes ouvertes plutôt que de tout expliquer. Mon neveu de 5 ans en est sorti bouche bée, et j'étais pas loin du même état.  (Gols - 16/04/09)