Petite comédie familiale avec deux belles-mères comme on en souhaite à personne (sûrement un film à méditer, avant tout mariage). Borzage enferme un peu ses personnages dans ces apparts où se nouent de petits drames relationnels et si deux trois répliques bien balancées font légèrement sourire, la mise en scène demeure tout de même un peu plate.

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Charles Farrel et Marian Nixon (le goût de Borzage pour ces sympathiques petites frimousses féminines) se vouent un amour aussi grand que l'Empire State Building; seul petit problème à résoudre : voilà trois ans qu'ils sont fiancés et peinent comme de beaux diables pour économiser en vue de leur mariage. Faut dire qu'ils ne sont pas forcément aidés par leurs parents respectifs. La mère de Charles, veuve, est une bonbonne ricanant sans cesse et ultra protective envers son fils chéri; elle est non seulement une charge - elle tient à garder son propre appart - mais se permet surtout des réflexions ultra limites vis-à-vis de sa future belle-fille qui lui ravit son trésor. La mère de Marian est tout autant une plaie : dépensière, caractérielle, elle n'a qu'une envie, celle de se barrer avec son amant en laissant derrière elle ce mari un peu empoté et cette fille qu'elle n'a jamais souhaitée. Nos deux jeunes gens tentent de faire contre mauvaise fortune bon coeur, essayant constamment d'arrondir les angles - en filant de la thune - et en faisant front devant les remarques acerbes; mais le report, une nouvelle fois, de leur mariage risque de sonner le glas de leur union... Bon, le scénario ne va pas chercher bien loin et si les répliquent fusent, peu de scènes sont vraiment marquantes. Bien aimé malgré tout, la séquence de batifolage entre le Charles et la Marian, tout à la joie de leur mariage, qui se vautrent sur un divan sous les yeux scandalisés de la mère de Charles. L'arrivée, également, de tous leurs jeunes collègues pour la répétition de leur mariage fait enfin souffler un peu de fraîcheur dans cet appart où ont lieu de multiples prises de têtes entre belle-mère et rejetons. Bon, malgré les vacheries que balancent les deux vieilles furies féminines, le ton reste assez gentillet et se laisse suivre avec une certaine empathie pour nos jeunes gens. Point incontournable dans la filmographie de Borzage.

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