Annex___Chaney_Sr

Décidément, Lon Chaney, l'homme "aux milles visages", n'a pas de chance avec ses membres, vu que cette fois-ci il perd l'usage de ses jambes dès le début. C'est d'ailleurs presque pas le pire : sa femme le quitte pour un autre homme, direction l'Afrique, et il la trouve quelques mois plus tard dans une église, morte, avec un nourrisson. Il est super vénère et part avec sa chaise roulante en pleine jongle bien décidé à se venger. Dix-huit ans plus tard, il règne tel un Kurtz handicapé sur son petit royaume : entouré d'hommes de mains tout tatoués, il mène les hommes, blancs comme noirs, à la baguette; il fait des tours du magie au roi et lui donne à boire du kérosène - le type demande point son reste - et détourne les cornes d'ivoire du colon blanc établi dans cette zone - le fameux traître. Ambiance de comptoir célinienne avec boissons à gogo, bamba masquée et un Lon Chaney au visage de bagnard, qui s'affuble, lors des cérémonies où il se rend en rampant, d'un masque d'oiseau terrifiant. Ca fleure méchamment la déchéance et ce n'est que le début vu qu'il va enfin exécuter le plan de sa vengeance qu'il a longuement mûri. Il fait venir la blonde enfant du traître qu'il a élevée dans un bordel et il est bien décidé à faire pleurer les larmes de son corps à celui qui lui a enlevé sa femme. Seulement son plan, par un étrange coup du destin, va se retourner contre lui... Quelque chose de malsain suinte par toutes les pores du Lon, et dans l'atmosphère de ces sauvages danses des cannibales (y'en a po en Afrique, mais bon à l'époque on mélangeait un peu les continents, c'est de bonne guerre) transpire la mort. Le nombre des décors est un peu restreint et la mise en scène un poil figée, mais le Don s'en donne apparemment à coeur joie pour passer pour le parfait salaud. Noir c'est noir et le pauvre ne va guère mieux finir que dans L'Inconnu - laissant une nouvelle fois partir un couple d'amoureux vers un bonheur plus paisible...

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