2008_doubt_002

Encore un film ricain taillé dans du sur mesure pour les Oscars (Streep, Seymour Hoffman dans des anti-anti-anti-contre emplois, elle méchante comme tout, lui, bon comme du bon pain, pour lesquels ils ont forcément... la tête de l'emploi) qui laisse dans l'expectative pour ne pas dire carrément dubitatif...  Une bonne première heure où il se passe pratiquement rien - ok, on nous a longuement présenté ces personnages monolithiques avec moult petits détails précis comme tout sur cette école catholique : la Mère supérieure (Streep) qui a tout de la mégère non apprivoisée, le père tranquille (Seymour Hoffman) - mais faut peut-être se méfier de l'eau qui dort, hum hum - dont chaque sermon semble tiré du recueil théologique pour les Nuls - et une Soeur toute innocente et naïve, forcément manipulable entre ces deux monstres... à concours. On finit par faire des paris sur le sujet qui va bien arriver par nous tomber dessus : va-t-on découvrir que le père fait en cachette une collection de préservatifs ?, qu'il est amoureux de la Soeur et garde sa photo en cachette dans un tiroir ?... ou alors... oh mon Dieu, qu'il attoucherait les enfants (le Père pédophile - mais le mot n'est jamais prononcé, comme s'il fallait constamment parler à demi-mot... et rester dans le doute, c'est le titre... - semblant devenir une image d'Epinal aussi douteuse (...) que le garagiste voleur ou le plombier bien membré et/ou polonais...). J'en dis po plus puisque tout le scénario repose sur les suspicions (mais n'est pas Hitchcock qui veut...). Chaque effet ou symbole est cousu de fil mauve : la Mère et le Père qui jouent au jeu du chat et de la souris (ah tiens voilà justement un chat qui vient d'attraper une souris, ben ça alors!), les plumes d'un oreiller qui s'envolent dans le vent pour illustrer la façon dont une rumeur se répand, métaphore filée au moins douze fois avec le vent qui ne cesse de souffler à donf (oh les feuilles mortes qui s'envolent autour de Streep, ça alors!)... mais attention le vent peut tourner, hum hum, ou encore la scène cruciale d'explication entre Streep et Seymour Hoffman soulignée sobrement par 25 coups de tonnerre - ben Dieu, il est po content, dis donc!... Tout cela pour laisser au final le spectateur dans le doute, pasque c'est le sujet de la rédaction. Eh be, voilà bien le genre de film hollywoodien que l'on... redoute.