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Filmé en 1920 mais finalement exhumé en 1982 par la Cinémathèque, L'Hirondelle et la Mésange est l'histoire vintage et cool - mais faut se méfier de l'eau qui dort - de deux chalands entre Anvers et le Nord de la France. Refusé à l'époque par le producteur qui trouvait que le film avait trop l'allure d'un documentaire (ouah l'autre), il faut reconnaître que le film d'Antoine fait la place belle aux "images d'époque": le quartier d'affaires et la place principale d'Anvers (et son fameux défilé de l'Ommeganck - une fois tous les 25 ans, Monsieur - qui ferait passer le carnaval de Rio pour... euh non, en fait), la bonne ville de Gand et moult écluses et petits canaux qui traversent des près où les vaches ne regardent rien. On découvre également l'aspect tranquille de la vie à bord (tiens, ben moi je vais laver le pont) ou les trucs plus durs (pour le halage, je passe mon tour).

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Antoine se fend tout de même d'une trame assez basique : Pierre van Groot, sa femme Griet (eheh) et sa soeur Marthe, acheminent généralement des matériaux de construction mais ne font point la fine bouche pour faire de petits trafics : van Groot, lui, c'est les diamants, qu'il cache dans une boîte autour de la quille pour passer la frontière; sa femme, c'est plutôt la dentelle, qu'elle s'enturbanne autour du corps, au moment crucial - joli passage, plein de tourbillonnante poésie. Ils accueillent à leur bord un nouveau pilote, le gars Michel, qui lorgne rapidement sur la Marthe (les "accordailles" sont ainsi rapidement célébrées) mais surtout sur les diamants. Heureusement, la Griet qui bat froid le Michel depuis le départ - l'instinct - le tient à l'oeil... Enorme suspens sur le chaland pour savoir ce que le Michel va faire, je vous en dis po plus parce que les rebondissements sont aussi rares que des vagues de 3 mètres de haut sur les canaux... Alors, bon, faut reconnaître que c'est pas l'Atalante,  soyons franc, mais que le film fleure bon l'air de la campagne - et des ports - avec un réel souci de réalisme - pas si commun à cette époque, notamment au niveau du jeu des acteurs, comme le souligne d'ailleurs l'intro des gars de la C.F. On se laisse nonchalamment porter sur ces chalands et les petites vignettes filmées par l'Antoine le sont avec précision et un vrai sens du cadre. Le rythme sur la fin s'élève même un poil (saloupiot de Michel, gasp! - mais tu ne saouleras point le père van Groot qui a du métier sous la casquette) avant que les eaux dormantes reprennent leur droit. A découvrir, paisible.

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