hard_candy_poster_1_Après The Woodsman, Hollywood revient sur les pédophiles dans ce huis-clos qui rappelle paradoxalement La Jeune Fille et la Mort de Roman Polanski, je dis paradoxalement car dans le film celui-ci est cité comme exemple de pédophile qui "vient de recevoir un Oscar" (...ouais, je ne sais que dire).

Bon je sens encore que l'ami Bas***en va m'en vouloir à mort si je dis que cette histoire de jeune fille de 14 ans qui séquestre un pédophile, lui fait croire qu'elle lui coupe les couilles (Ah ça, ça me rappelle les débats des journaux en Malaisie...(...)) avant de le pousser à se pendre est tout de même un peu tirée par les cheveux. Le film, on est d'accord, a l'"audace", si on veut, de traiter frontalement du sujet mais tranche également en faveur de la peine de mort de façon, euh, comment dire, lourde. Pour ce qui est de la forme, il faut reconnaître à Blade un certain esthétisme visuel, qui frôleellen_page3_1_ tout de même l'imagerie publicitaire sans parler des lumières assez flatteuses et douces sur sa Lolita (je vous rassure Ellen Page avait 18 ans au moment du tournage, ouf) qui sont parfois limite tendencieuses. Le film, construit comme un thriller avec des dialogues qui fusent, peut également laisser pantois pour parler d'un sujet si délicat et traumatisant. Pas facile à avaler ce Hard Candy au final.

PS: Ami *astien, que cette fille représente sa conscience (ou non), conscience qui le pousserait au suicide (ça me fait penser à "I am a dead girl" de Shyamalan et Dustin Hoffman dans le pauvre Jeanne D'arc de Besson, pardon pour les références...) cela n'en demeure pas moins que Slade s'en sert au maximum pour dramatiser son sujet au maximum, alors que le thème est, malheureusement, déjà suffisament dramatique en soi (tout comme les 15 000 mouvements de caméras dans United 93). De plus, si elle est sa "mauvaise conscience" (2-3 preuves très très légères parsemées ici ou là), celle-ci ressemble étrangement à la conscience d'une "certaine société américaine" prête à vouloir pendre par les couilles ce genre de déviant (Ah si tous les serial-killers et les pédophiles pouvaient avoir le courage de se suicider...!). Le meilleur des Mondes quoi, en quelque sorte...   (Shang - 18/10/06)


J'espère que je ne vais pas mettre notre ami Ba***en en colère (j'attends ses SMS), mais je trouve mon camarade bien délicat avec ce film somme toute dégueulasse. Slade pille allègrement dans un sujet ardu (la hard_candy11pédophilie), l'habille d'un costume de film de genre pour faire passer la pilule, revoit en surface Audition de Miike, et nous sert un film spectaculaire qui ne s'embarasse strictement d'aucune éthique. Je suis d'accord avec lui, la pédophilie, c'est pas bien ; là où je le suis moins, c'est sur la sorte de jubilation fascinée qu'il met à torturer cet homme. Dans un premier temps, quand le caractère déviant du personnage masculin est encore flou (est-il vraiment pédophile ou non ?), Slade nous range délibérément de son côté : on est scandalisé par la violence de la jeune fille, et on n'attend qu'une chose, c'est que le type arrive à s'en sortir. Dès qu'on aprend qu'il est vraiment trouble, la mise en scène fait tout pour qu'on applaudisse à deux mains devant sa lente torture. Ah bon, il est malade ? Alors coupons-lui les couilles ! Merci, David, mais on est peut-être assez grand pour se construire tout seuls une morale concernant la pédophilie.

En plus de plaider pour la castration, l'humiliation, et la peine de mort pour les déviants sexuels, Slade voudrait bien aussi plaire au plus grand nombre (qu'il se rassure, il est sur la bonne voie). Il surcharge donc son film de clichés publicitaires du meilleur goût (musique de Blonde Redhead, couleurs polissées, montage zapping), et n'oublie pas, au passage, de hard_candy_4poser un regard franchement bovin sur le corps de sa comédienne (peu importe qu'elle ait 18 ans en réalité, le film nous dit qu'elle en a 14). Ellen Page est filmée comme une personne sexy, plus vieille que son âge, ce qui renvoie toute tentative de discours digne dans les cordes : Slade est tout aussi voyeur que le personnage qu'il prétend condamner. C'est bien ça, le problème : faire du spectacle sexy avec un sujet qui ne devrait pas l'être, et venir titiller nos plus bas instincts de vengeance en les habillant de jolies images clipesques. Ajoutons qu'Ellen Page est nulle (j'ai mis du temps à la remettre, mais c'est l'actrice de Juno (racolage hollywoodien, sors de ce corps)), et que le scénario, en plus d'être infâme, est invraissemblable du début à la fin. La comparaison que fait mon collègue avec La Jeune fille et la Mort de Polanski est pertinent : on est bien dans le bas du panier en matière d'entertainment : on prend un sujet que tout le monde s'accorde à condamner, et on donne à manger aux chiens. On aurait bien vu Charles Bronson dans le rôle de la jeune fille.   (Gols - 29/03/09)