Vierges_pour_le_shogun

Un Shogun possède dans son harem 3000 donzelles et après une entrée en matière où les nouvelles arrivées se mettent toutes à danser seins nus comme si elles faisaient un mauvais trip en écoutant la salsa du démon, on se demande bien ce que ce Teruo Ishii nous réserve... Eh bien, pas grand chose, ce n'est que très vaguement et gentiment érotisant, et les quatre-cinq intrigues qui tentent de faire avancer le récit sont relativement lâches. En gros, entre les différentes "maisons" (la cour de Tokyo, celle d'Edo...), on se tire constamment la bourre pour gagner les faveurs du Shogun et ce dernier, qui se veut bienveillant et juste, a le chic pour prendre toujours les mauvaises décisions. Faut dire, qu'en plus d'être aussi sexy qu'une bougie éteinte et stérile (aucune ne tombe enceinte, ce qui, personnellement, me paraîtrait louche), notre Shogun est pas futefute. Il prend plaisir à regarder ces femmes se lancer dans d'interminables combats de sumo (faut grandir, vieux) et au lit, il peut passer dix minutes à se faire presser une orange dans la bouche (sens propre, on se calme) avant de réagir mollement. Pire, ses diverses déclarations à l'emporte-pièce vont conduire certaines femmes à se suicider, d'autres à se crever les yeux, et quand il veut tester la confiance de ses proches, il ne trouve rien de mieux que de coucher avec leur femme (quand on en a trois mille sous la main, c'est grave abusé quand même). Un soupçon d'intelligence éclaire ses petits yeux chassieux lorsque l'une des femmes que lui a offertes son homme de confiance, trois mois avant, lui annonce après plusieurs coucheries qu'elle est enceinte de trois mois... Est-ce qu'il y aurait un lien, mmmmmh? Bref une intrigue un peu cucul et malgré une image assez léchée, peu de motifs de satisfaction; une ou deux jolies séquences tout de même : lors d'un rapport amoureux, la caméra se détourne pudiquement (rohhh oui, on est peu déçu aussi, mais ne nous faisons pas plus voyeur que nous sommes) pour s'attarder sur le bras de l'amante qui déroule un parchemin où sont dessinées des positions suggestives) et on a également droit, plus tard, à un véritable remake du Mépris avec une femme qui demande au Shogun s'il aime ses jambes, ses cuisses, ses fesses ("Elles sont rondes comme un gâteau de riz" - certes si on imagine Michel Piccoli dire la même chose, ça casse l'ambiance - autre culture, autres images...). On apprend aussi que les princesses de Tokyo ne dédaignent point à faire pipi en pleine nature et en public mais je me demande franchement comment je pourrais un jour tirer profit de cette info... En un mot donc - ou en six -, on reste méchamment sur sa faim... J'espère simplement que les deux autres Teruo Ishii que j'ai sous la main (auteur nippon de réputation assez sulfureuse) ont un peu plus de saveur...    

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