i_am_legend_3Suite à une bête erreur de calcul concernant un vaccin anti-cancer, il ne reste en 2012 plus qu'un seul homme sur terre ; manque de bol, c'est Will Smith, y a pas de Dieu. Les autres hommes sont devenus tortins et assez laids, voire peu sympas quand ils se mettent en tête de vous bouffer la tronche. En journée, Will se promène avec son chien (deux fois plus expressif que lui) devant un écran vert sur lequel on projette des photos de New-York désert, et il apprend par coeur Shrek, ce qui est une occupation à sa hauteur (à l'époque de Truffaut et Bradbury, les survivants apprenaient Don Quichotte, ça évolue) ; il cherche aussi un anti-virus et dit des chiffres dans un micro pour montrer qu'il réfléchit ("stade 606 stabilisé, mais le sujet montre encore des signes de stases U67", ou genre). Il met même une blouse blanche, z'avez qu'à voir. La nuit, il affronte des images de synthèse. Mais finalement, comme le suggère l'affiche, il y a peut-être d'autres survivants. Nous, on espère que non s'ils ressemblent tous à Will Smith, mais je vais pas vous le cacher, on est déçus. Ce qui est drôle, c'est quand Smith, fou de solitude, parle à des mannequins dans les vitrines des magasins (trois fois plus expressifs que le chien). Ce qui l'est moins, ben c'est le film dans son entier, surtout la fin : une effarante libération solaire et naïve, qui, connaissant la passion de Smith pour la scientologie, fait bien un peu lever les sourcils. On veut bien faire l'effort de considérer que tous les films depuis 2001 sont des réflexions sur le 11 septembre ; en l'état, on a plus l'impression d'une thèse douteuse sur les limites de la recherche scientifique opposée au Grand Dessein De Dieu (la libération viendra de la foi, mes ouailles). I am Legend est une sous-bouse héritière d'une mystique nauséabonde, filmée avec des moufles et interprétée par ce qu'on peut imaginer de pire comme acteur. Tentés ?