1Lorsque certains films s'achèvent, c'est un réel soulagement. Honor de Cavalleria fait malheureusement partie de ceux-là. Les errances du Quixote et de Sancho dans la nature avec une trame réduite au strict minimum (moins, le film devient un trou noir), cela m'ennuie presque plus que de retourner au taff dans 15 jours, c'est dire : Q & S fixent l'armure (15 min), Q & S se baignent (12 min), Q & S mangent des noix (4 min),... Terrible, on ne sait si cela se veut naturalissime, zenissime, becketissime ou existentialissime mais personne ne m'enlèvera de l'idée que c'est chiantissime. Je ne comprends point que l'on puisse autant s'extasier devant un film qui passe son temps à filmer des feuilles qui tremblent (Weerasethakhul a trouvé son cousin hispanique, au secours); comme si cela devenait une gageure dans le cinéma contemporain de n'avoir aucune idée un tant soit peu captivante ou attachante (un genre de "Nouveau cinéman", suivez mon regard...) - je ne dis même pas "divertissante" tant cela sonne comme un gros mot pour ces avant-gardistes du vide. Q & S s'emmerdent comme des rats morts, les spectateurs aussi, bravo, ça c'est de la catharsis (Mais je m'emballe, je vais encore devenir méchant) ... Au niveau de la forme, je reste de la même façon assez consterné : que Serra soit fauché, c'est une chose (faire un court-métrage m'aurait sûrement moins énervé mais passons); il semble tout de même, techniquement, avoir certains moyens pour soigner la plupart de ses plans...  Néanmoins, hum, alors que dans ce genre de film, la caméra se doit d'être la plus discrète possible pour ne pas ruiner l'ensemble du projet (si jamais on veut bien fermer les yeux sur le côté artificiel du bazar), il y a parfois de légers flous (oups, ma mise au point), des variations de lumière entre deux plans au sein d'une même séquence (oups mon montage), des cadres très approximatifs (il débute, le cameraman, soyons honnête...) qui font lâcher deux trois "ouh-la" de surprise terrible entre deux bâillements... Bon, c'est clair, brisons-là, je n'ai vu que les défauts et ne suis pas rentré un millimètre dans ce film, qui se prend aussi horriblement au sérieux - l'Art, c'est sérieux monsieur, si on veut chopper des prix (rendez-moi mon baril de Hal Hartley, je préfèrerais toujours sa pointe d'ironie vis-à-vis de tels poseurs). Si Guerin fait preuve d'une intelligence rare, Serra fait preuve d'un manque d'inspiration grave. Vraiment point ma tasse de sangria - maintenant chacun peut trouver certains cadres sublimes ou l'histoire passionnante (roh, franchement?), mais là je passe mon tour, désolé, po pour moi.