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Rien d'extraordinaire dans cette adaptation de Buñuel du roman de la gâte Brontë : on nous rebalance à tout bout de champ le sempiternel même air de Wagner (Tristan und Isolde, une fois ça va, 48, ça gave... surtout après Le Chien Andalou) comme pour combler le manque de charme de l'ensemble, les acteurs, au jeu ultra dramatique - pas besoin de se pencher constamment en avant pour montrer qu'on est en colère ni d'embrasser sauvagement les femmes dans le cou pour faire le pseudo passionné -, sont guère attachants (mention spéciale à Alejjjjandro (Heathcliff) dans le rôle du beau ténébreux qui apparaît à chaque fois avec un coup de tonnerre et dont les sourcils font penser à de vieille chenilles lugubres : totalement monolithique, sa composition ne donne aucune profondeur au personnage), les "symboles" sont bien pauvres : un personnage risque de tomber amoureux, tiens on va épingler un insecte (hum, hum), les personnages se sentent comme pris au piège, tiens jetons cet insecte dans une toile d'araignée (il doit y avoir un lien mais lequel???!). Je suis un peu caustique mais franchement, quoiqu'on reproche à l'adaptation de Wyler, j'en garde, comparé à cette mouture qui s'évapore rapidement dans les airs, un bien meilleur souvenir alors que ça fait des plombes que je ne l'ai pas vue. Apparemment, les acteurs ont été imposés à Buñuel qui a dû faire avec et on sent, en tout cas, aucune passion - pour le coup - du cinéaste dans ce projet. Bien dommage tant le thème de l'amour "fou", passionné, avait tout pour plaire au pape du cinéma surréaliste. C'est plat, attendu, peu inspiré, très vite oubliable : bien dommage.

abismos_pasion

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