Les femmes, éternelles créatures de rêves qui hantent l'univers cauchemardesque de Fellini. On ne sait finalement rarement sur quel pied danser à la vision de ce film, le "pauvre" Mastroianni se retrouvant victime de ses propres obsessions mais toujours prêt à continuer, à explorer ses propres fantasmes... Composé de plusieurs tableaux un peu inégaux, on plonge tout de même dans le monde du maestro avec un plaisir gourmand, ne sachant jamais vraiment ce qui va surgir au coin d'un bois, d'un décor grandiose, ou ce qui se cache réellement derrière le sourire d'une femme, féministe, revancharde, tentatrice ou protectrice...

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Ca commence comme dans Notre Histoire (petit pompage de l'incipit du gars Blier...) avec un homme dans un train qui entre dans un tunnel... Une madone belle à se damner fait son apparition sur la banquette en face du Marcello et d'un simple regard entraîne notre homme dans le couloir exigu d'un train. Un petit roulage de patin dans les toilettes et c'est le début d'une aventure fantasmagorique pour Mastroianni... qui conclura la première partie de son périple sur le cul (dans les deux sens de l'expression) après une superbe chute dans des escaliers... des patins au pied. Clair qu'il ne s'attendait point, en suivant la Madone, à se retrouver au milieu d'un congrès de femmes féministes un poil hystériques. S'il sourit au départ amicalement aux revendications de ces dernières (excellente séquence burlesque de cette femme ultra speedée qui ne sait plus où donner de la tête dans sa cuisine, servant un homme déguisé en Frankenstein...), il ne tarde point à vouloir se barrer de cet hôtel, la queue entre les jambes. Il tombe sur une matrone qui possède dans une serre des chats empaillés (ça, j'avais déjà dit hier qu'il fallait s'en méfier) et se retrouve entrainé dans un coït bienheureusement interruptus par la mère d'icelle. S'en suit une virée avec de jeunes femmes fofolles sur une musique eighties qui fait méchamment grincer des dents, en regrettant la classe du bon Nino Rota. Il trouve refuge chez un macho de la pire espèce, chez lequel il prend tout de même plaisir à visiter un genre de funérarium consacré au plaisir "sonore" féminin : c'est tout un programme et cela fait plaisir de voir notre pauvre Marcello troquer son air un tantinet consterné du départ contre un petit sourire de satisfaction puéril.

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Il enchaîne ensuite avec la rencontre surprise de sa femme qui lui balance à la tronche tous ses torts. Il ne sera guère plus à la fête lorsque l'heure d'un jugement dernier féminin sonnera pour lui... Heureusement le Marcello aura entre temps revécu en descendant un immense toboggan géant (comme une image de son éternel et incontrôlable penchant pour les femmes) quelques saynètes des premiers émois de sa jeunesse; Fellini s'en donne à coeur joie dans ces petites séquences de souvenirs : pinçage de mollet de la bonne, observation voyeuriste au travers d'une cabine de plage ou encore vision émue de fesses callipyges d'une veuve ou d'une prostituée... Notre Maestro s'envoie littéralement en l'air dans une ultime séquence qui n'est point sans danger... Fellini laisse libre cours à ses délires féminins et le moins qu'on puisse dire c'est que notre héros mastroiannissime n'est pas toujours à la fête. Un bel hommage à ces créatures de l'autre sexe qui n'est point sans quelques baisses de régimes, même s'il faut bien finir par reconnaître que personne ne peut arriver à la cheville de la mise en scène échevelée du maestro et de la mise en images de son subconscient.   

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