p3_w434_h_q80On lit un peu partout que Haute Tension représente enfin une preuve que le cinéma français peut produire un vrai film d'horreur (alors qu'il suffit de voir Camping pour s'en assurer). On lit également que Aja serait un des espoirs du gore, après le récent Mirrors que je vais sûrement m'obliger à regarder un de ces jours... Eh bien, ne vous inquiétez pas, je suis là pour lutter contre les intox : Haute Tension est à chier, et Aja un tâcheron.

Le gars se contente d'ouvrir le bon vieux livre de recettes de grand-papa, tout corné, et recopie paresseusement la page "serial-killer". Une famille perdue dans la campagne, un gars cradouille qui la décime à coups de rasoir ou de scie circulaire, une ambiance nocturne à base de faisceaux lumineux qui balayent des décors usés jusqu'à la trame (une forêt, une camionnette rouillée, une station-service), des comédiennes qui crient "bouuuuahhh nan laissez-hautetensionmuaaaaaaaa !", un twist final d'une pauvreté d'imagination affligeante, et hop vous êtes le nouvel espoir du cinéma de genre. Tobe Hooper a dû pleurer sa mère devant ce pauvre ersatz de son style. Les actrices semblent attérées devant l'indigence du scénario, la mise en scène ne déclenche jamais aucun début d'inquiétude, le tout baigne dans une fausse brutalité qui semble faire peur à Aja, qui la maquille sous des tonnes de hors-champ et sous un montage incompréhensible, on s'ennuie à mourir en attendant que la jolie Cécile de France se fasse enfin couper en deux qu'on en finisse. Ah si, point positif : une belle chanson de Muse.