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Comédie musicale de grande classe qui n'a rien à envier à celles de Lubitsch de la même époque. D'autant, que, mais oui, mesdemoiselles mesdames, on y retrouve Maurice Chevalier et son air d'éternelle canaille. C'est un scénario ultra classique, le petit commerçant qui tombe amoureux fou d'une princesse, bah, c'est forcément impossible mais comme c'est du cinoche... Maurice Chevalier s'appelle Maurice, Jeanette McDonald, princesse Jeanette, on voit bien que les scénaristes n'avaient pas forcément envie de se creuser la tête. Mais c'est surtout au niveau de la mise en scène magnifiquement enlevée - sans même parler des décors (la magnifique maquette du château) et de la musique (deux trois petits airs absolument parfaits) - que l'on est finalement emballé : une première scène d'ouverture superbe, avec les bruits de Paris qui donnent le rythme à la première chansonnette, et un premier travelling de folie dans ce décor de rue parisienne pour nous présenter le Maurice, saluant tout ce qui tombe sous sa main, éternellement gai. La chanson "Isn't it romantic" part de la petite échoppe de tailleur de Maurice pour parcourir des kilomètres (en taxi, par le train, grâce à une troupe de soldats...) jusqu'au second décor, celui du château. Un air qui vole dans les airs et nous "transporte", que demander de plus à une comédie musicale ? La verve et la gouaille du Maurice explose dans la chanson "Mimi" et ce dernier se livre à une petite séquence bien audacieuse - et dont il a le secret- lorsqu'il prend les mesures de la Jeanette - qui aime particulièrement, faut le dire, se retrouver en petite tenue et dévoiler ses gambettes (shocking! ouais bon, c'est pas non plus Eva Mendès...).

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Un autre gros morceau de bravoure a lieu lors de la chanson "Son of a gun is a taylor", les trois milles invités du château - dont les trois vieilles tantes/sorcières sorties tout droit de Macbeth - semblant reprendre l'un après l'autre le refrain : du bien bel ouvrage au niveau du montage qui culmine avec la séquence finale digne des meilleurs films d'action. L'humour est loin d'être absent, notamment lors de la chasse au daim : Maurice part comme un fou furieux sur son cheval indomptable - séquence en accéléré qui pour une fois est assez drôle -, finit par apprivoiser le daim - la SPA apprécie - et demande aux autres cavaliers de repartir sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller l'animal - la séquence suivante est alors au ralenti, un petit moment un poil absurde mais aussi plein de poésie... Le jeu sur les lumières et les ombres étant tout autant soigné, on savoure gentiment ce moment de gaité que la technique a su magnifier. Pétillant.       

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