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Voilà un film diablement malin qui nous mène, tout comme son héros, par le bout du nez. Pour ne rien gâcher, la photo grise et noire qui nous transporte automatiquement en pleine guerre froide est absolument somptueuse et l'interprétation de Richard Burton - un bloc - et d'Oskar Werner - méconnaissable Jules qui fait froid dans le dos - est de haut vol. Une référence dans le genre des films d'espionnage.

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Burton, agent britannique, assiste, impuissant, à la véritable exécution de l'un de ses agents de l'Est, à la célèbre frontière allemande de Checkpoint Charlie. De retour à Londres, il se voit assigner une ultime mission pour essayer d'avoir la tête de l'agent communiste Mundt, censé être responsable de cet acte... Bon voilà posée l'intrigue, on est po John Le Carre. Ce qu'il y a de passionnant dans la partie qui suit, c'est que Ritt prend tout son temps pour nous montrer un Burton redevenu individu lambda, picoleur, bagarreur et piètre amant en un sens - on se demande presque si on ne s'est pas trompé de film. Il faut prendre notre mal en patience avant que "l'action" s'accélère, prenne son envol et... surtout, avant d'être retourné 12 fois comme une crêpe. La grande subtilité du scénar c'est qu'on en sait presque toujours autant que Burton et qu'il nous est facile de nous identifier entièrement à son personnage - il est bon parfois de se sentir dans la peau d'un espion, par procuration certes, hum... Peu causant, discret comme une éponge, un peu à la ramasse, Burton est saisissant dans ce rôle ultra charismatique. Pas besoin de poursuite en caisses, de coups de feu dans tous les sens, ni de Burton's girl - sans offense pour Claire Bloom - pour rendre totalement captivante cette plongée dans les services secrets à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent point connaître. Les interrogatoires et les scènes de procès sont secs comme des coups de trique et font monter parfaitement la pression. A mesure que le fil de l'intrigue se déroule, que les révélations sont parcimonieusement distribuées, on jubile devant l'intelligence de la mécanique; ceci d'autant que les décors souvent froids comme la mort contribuent parfaitement à glacer l'ambiance. En quatre mots comme en cent, du bien bel ouvrage.   

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