30 novembre 2008
Bottle Rocket (1996) de Wes Anderson
Ce premier long-métrage du gars Anderson coécrit avec Owen Wilson ne manque indéniablement pas de charme. C'est, comment dire, résolument frais, voire candide, diablement rythmé, doté d'un humour froid qui a fait la marque du type, les dialogues fusent du début à la fin sans aucun temps mort et, même si cela finit par tourner un peu à vide (hum), on ne passe pas un mauvais moment avec cette brochette de branle-manette.
Anthony (Luke Wilson, le ptit frère) sort tout juste d'une "cure de repos" dans un hôpital (on l'a retrouvé marchant dans le désert... il semblerait avoir buggé après qu'on lui ait proposé de faire du ski nautique...) et retrouve ses potes Dignan et Bob - ce dernier ayant une caisse et de la thune. Ils achètent des flingues et mettent en place un plan totalement foireux pour braquer une librairie - le pire, c'est que cela fonctionne et voilà nos trois compère en train de se la couler dans un motel; Anthony tombe amoureux d'une femme de chambre paraguayenne - parle po un mot d'espagnol mais leurs regards en disent long... -, Bob retourne à la casa pour détruire ses plantations de marijuana dans le jardin, et le Dignan s'ennuie à mourir en allumant des pétards dans un champ... Ils vont finir par rentrer chez eux et monter le plan le plus foireux de la galaxie pour dévaliser un coffre avec un certain Mr. Henri (James Caan), un roublard. Bon, dit comme ça, cela donne peu le ton, l'essentiel reposant sur un humour assez décalé et des discussions à l'emporte-pièce entre les trois gaziers. Ils parlent comme pour meubler les silences, finissent souvent par se frictionner et donnent surtout méchamment l'impression d'être les trois types les plus irresponsables de l'hémisphère. Si tous les petits truands étaient comme eux, il n'y aurait même po besoin de flics (pas plus mal). C'est une comédie bon enfant - on se roule pas par terre, juste un malicieux petit rictus aux coins des lèvres qui part rarement - à conseiller en priorité... aux amateurs de la Wes Anderson's touch. C'est, reconnaissons-le tout de même, d'une parfaite maîtrise formelle (surtout pour un début) - le gars n'est pas rat en mouvements de caméra (des plans d'ensemble qui finissent tranquillement en gros plans) - mais ne risque point de laisser un souvenir impérissable... Frais, c'est ça.
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