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23 novembre 2008

Mesrine : L'Ennemi public n°1 de Jean-François Richet - 2008

medium_unevisitetelephone_2Mais qu'est-ce qu'il nous fait, là, Richet ? Après un premier épisode de fort bonne tenue, il nous sert avec cette suite un film absolument ridicule, qui ressemble à un bal masqué et laisse tomber toutes les inspirations précédentes. Curieux de voir comment un film, découpé en deux parties dans le seul but de nous faire payer deux tickets de cinéma au lieu d'un, peut être aussi déséquilibré, comme si c'était un autre réalisateur qui avait réalisé cet opus 2 avec d'autres acteurs.

Acteurs d'ailleurs complètement humiliés par le réalisateur, qui les affuble de postiches visi18984057_w434_h_q80blement achetés à Tout pour la Fête" de Brioude : depuis Gourmet, hilarant avec son collier de barbe qui se décolle, jusqu'à Le Bihan à qui on a collé une fausse machoire, ça ressemble à un film fauché de Jean-Pierre Mocky. La palme revient aux déguisements de Mesrine lui-même, imapayable quand il se met des perruques frisées ou les lunettes d'Elton John : il n'est jamais crédible. Au milieu de cette mascarade, les acteurs ont bien du mal à se retenir de pleurer de honte. Mais le summum est atteint avec l'arrivée de Gérard Lanvin, perruque tordue et accent marseillais digne d'une troupe amateur bas-de-gamme : on savait que ce n'était pas l'acteur du siècle, mais là il tombe dans les tréfonds, ça sent la fin de carrière proche.

Le scénario, qui réservait des tas de surprises dans le n°1, est ici attendu comme c'est pas permis, et monotone comme un jour d'automne : fusillades filmées caméra à l'épaule et totalement brouillonnes, scènes psychologiques dignes de Marie-Claire (Mesrine serait un mythomane19012340_w434_h_q80 ? non ?!??!!), reconstitution pénible des années 70, face-à-face plan-plan (dans les parloirs des prisons, dans les tribunaux ou dans les confrontations avec les flics). Richet abandonne le brillant procédé des ellipses pour servir un biopic archi-balisé, sagement jalonné par des évènements prévisibles de toute évidence trop proche des images d'archive qu'il a dû consulter. Renonçant à toute velléité de mise en scène, laissant le champ libre au cabotinage de Cassel, qui du coup retombe dans sa suffisance laborieuse, traitant l'esthétique par-dessus la jambe (c'était du Scorsese dans le 1, c'est du sous-Lautner ici), il abandonne le projet à mi-chemin. On en avait un peu rien à foutre de la véracité historique dans l'épisode précédent, ici elle étouffe tout, et le film se transforme en thèse sur Mesrine, ce qui n'a aucun intérêt. On soupire de désespoir devant ces scènes impossibles (la dernière demi-heure se concentre sur le trio Cassel/Lanvin/Sagnier, inutile de vous dire que ce n'est pas l'Actor's Studio), et on finit par se dire que l'opus 1 était réussi sans le vouloir.

Mesrine, L'instinct de mort : c'est là

Posté par Shangols à 18:59 - RICHET Jean-François - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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