Radio Days n'est pas le film qui a laissé le plus de souvenirs dans la mémoire des fans du Woody et c'est un peu dommage, le film étant lui-même... basé sur des souvenirs; de plus il bénéficie d'une magnifique B.O., omniprésente - gros travail sur la musique -, et d'un sens de la reconstitution absolument resplendissant. Mais bon, on a un peu l'impression que le film fut définitivement rangé dans la série des 3000 Woody Allen mineurs pour ne plus en sortir. Bon ben ici, on mange po de ce pain là!

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Le cinéaste revient sur les émissions pour lesquelles se passionnait sa petite famille, et mêle en parallèle l'histoire de Mia Farrow, vendeuse de cigarettes un peu cruche qui finira par avoir son heure de gloire. C'est d'une sympathique nostalgie tendre comme du bon pain, qui contraste avec les baffes que se prend le Woddy enfant et les vacheries que ne cessent de s'échanger ses parents. Plusieurs petites vignettes qui bénéficient toujours d'une chute gentiment rigolote : les piètres aventures de la tante Ceil pour trouver un mari (une force de la nature qui a peur des martiens (clin d'oeil au passage à la célèbre émission de Welles), un homme qui ne peut se remettre de la mort de sa fiancée... Leonard, ou encore un homme marié qui promet de quitter sa femme la semaine prochaine, une semaine qui n'arrive jamais); les déboires de notre Woody qui détourne l'argent récolté pour créer un état juif en Palestine pour s'acheter la super bague du vengeur masqué, qui teint le manteau de sa mère en violet grâce à son coffret de petit chimiste ou encore qui connaît ses premiers émois amoureux (jamais eu ce genre d'instite, moi...); la pauvre Mia qui se retrouve bloquée sur un toit avec un vieux grigou ou qui assiste à l'assassinat de son boss par un type de la mafia (Aiello en pleine bourre)... Il y a ces multiples petites chansonnettes qu'Allen garde en tête et qu'il associe toujours à des micro-événements de son enfance, ou encore sa découverte du cinéma (splendide entrée du City Hall et hommage à Cukor) et quelques moments fendards assez pince sans rire comme ce joueur de base-ball qui perd une jambe, puis un bras, puis la vue (digne de Sacré Graal...) ou cette séquence d'ouverture hilarante avec ces cambrioleurs qui répondent au téléphone et remportent le jackpot d'une émission de radio. Quelques petites boulettes qui arrachent un sourire ("sa fiancée est morte l'an dernier, il doit être maintenant impatient de se marier"; "Ecouter un ventriloque à la radio... Comment sais-tu qu'il ne bouge pas ses lèvres?"...) et franchement le charme opère. La fin manque peut-être un peu de punch (petit manque d'inspiration...?) et tombe un peu dans le drame (la mort de la fillette bloquée dans le puits) mais Radio Days est une vraie petite bouffée du passé pleine d'émotion et de drôlerie narrée par un Woody au taquet. Mineur, mineur... Majeur voire irréprochable dans la forme quoiqu'il en soit - avec en prime la Mia et la Diane dans le même film.

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