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Il serait certes un peu facile - et un peu vain, oui, sans doute - de dire que La Luna est chiant comme la pluie, mais franchement, même après avoir écouté  l'interview de Bertolucci, sur le dvd, au sujet de ce film, j'avoue avoir un peu de mal à me passionner pour cette oeuvre. Pour faire court, on pourrait résumer la trame en quelques phrases : à la suite de la mort de son beau-père, un jeune Américain accompagne sa mère, grande chanteuse d'opéra, en Italie. Le gamin ne tarde point à errer dans les rues de Rome et semble combler son désarroi en se piquant à l'héroïne. La mère, affolée, forcément, tente peu à peu de se substituer à la drogue et l'histoire dérive vers l'inceste... Chemin faisant - putain 2 heures quand même -, le gamin retrouve son véritable père qui, sur le fil, prend les choses en main. Bertolucci a beau tenter de tisser un lien entre le miel que l'enfant absorbe lorsqu'il est bébé - la séquence d'ouverture, d'une belle luminosité - et l'amour de cette mère qui devient très explicite (physique quoi...) - juste après qu'elle a fourni de la drogue à son fils en pleine crise, comme pour opérer une sorte de transfert -, le cinéaste semble avoir lui-même un peu de mal pour tenter d'expliquer ce qu'il a vraiment voulu faire... On voit bien le côté sulfureux de l'histoire - on connaît le bonhomme - mais quand Bertolucci évoque le complexe d'Oedipe ou les théories freudiennes, il semble ne pas vraiment aller jusqu'au bout de sa pensée. Les retrouvailles avec le père d'origine, qui semblent résoudre tous les problèmes d'un seul coup, paraissent au bout du compte un peu facile... En ce qui concerne la forme, si le film permet à Bertolucci de montrer au passage son amour pour Verdi, on peut également apprécier sa façon unique de filmer les rues romaines ou les paysages italiens - certes... Mais l'ensemble est tout de même bien fastidieux : après les amours adolescentes du fils, on s'ennuie ferme et on suit les péripéties entre la mère et le fils, qui partent dans la seconde partie du film en virée, d'un oeil morne... Bref, on nous avait promis la lune, mais Dieu que la route est longue et pas franchement excitante. 

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