09 novembre 2008

Alien, Le 8ème passager (Alien) de Ridley Scott - 1979

18365166_w434_h_q80Pour continuer dans la déception scottienne du jour, retour sur le pourtant culte Alien, que je n'avais pas vu depuis longtemps. Eh bien, oui, c'est pas terrible, force m'est de la constater. A sa défense, notons que le film a été depuis inlassablement copié, ce qui fait que la plupart de ses idées apparaissent aujourd'hui ridicules. Mais notons derechef que Scott est déjà un effronté copieur, et que beaucoup de ses motifs sont piqués à d'autres.

On s'ennuie un peu à suivre cet étique scénario de massacre en lieu clos. J'avais le souvenir d'une intéressante réflexion sur l'altérité, sur la part de sauvagerie qu'il y a en chacun de nous ; mais en fait, tout ça ne pète vraiment pas loin. Dans le genre Carpenter est bien meilleur avec The Thing : ici, on n'a droit qu'à un palôt film d'horreur attendu, élégamment déguisé sous des oripeaux high-tech dépassés. Nulle trace de réflexion, et visiblement nulle volonté de la part de Scott d'en avoir une. Encore une fois fasciné par le pur spectacle, il livre un film bête, à l'histoire maigrelette Alien05_450(un monstre tue tout le monde) et aux évènements poussifs. On ne frémit jamais, et ce pour plusieurs raisons : d'abord parce que tout disparaît sous des lumières bleuâtres absolument immondes, dans une obscurité qui ne veut pas dire son nom, ou dans des effets de photo vraiment lâches. Manque de moyens ou volonté affichée, en tout cas Scott n'affronte jamais réellement ses scènes de peur, son monstre étant réduit à quelques détails (peau luisante, petites canines féroces, suintements divers. Il ne se tourne pourtant jamais vers la suggestion, et Alien est du coup franchement flou : pas assez gore ou pas assez subtil, trop ouvertement commerçant ou trop arty.

Les scènes effrayantes sont par ailleurs bien trop balisées pour fonctionner encore aujourd'hui : Harry Dean Stanton qui cherche un petit chat dans les couloirs du vaisseau alors que l'alien rôde, on sait que ça va pas 18892764_w434_h_q80se terminer bien, et on passe son temps à regarder des scènes se chassant les unes les autres. Le film est totalement dénué de surprise, on sait parfaitement quel va être son déroulement du début à la fin. Et puis surtout, tout ça est filmé dans des décors cheap à mort : petites lumières clignotantes absolument ridicules (il y a même toute une pièce composée de ces lumières, c'est Noël), couloirs luisants, portes coulissantes sorties tout droit de Star Trek (quelques pièces pourtant se referment avec des portes rondes qui font un bruit de scie rouillée, l'architecte d'intérieur avait dû être licensié), et surtout repaire des aliens mal fagotté et jamais crédible. On multiplie les invraisemblances esthétiques, quand on ne les pique pas à d'autres (où donc ai-je déjà entendu de la musique classique sur des images de SF ?), ce qui fait qu'on sort doucement du film pour s'endormir mollement. On se demande un peu pourquoi Alien est si adulé aujourd'hui...

Posté par Shangols à 18:46 - - Commentaires [5] - Permalien [#]



Commentaires sur Alien, Le 8ème passager (Alien) de Ridley Scott - 1979

    Pas d'accord du tout pour le coup. "Alien" est un de mes films préférés, un chef d'oeuvre que je ne me lasse pas de revoir

    Posté par Paul, 10 novembre 2008 à 18:39 | | Répondre
  • Oui, je pensais bien que ce texte négatif allait m'attirer les remontrances des fans. Mais, pourquoi est-ce que tu aimes tant ce film, Paul ?

    Posté par Gols, 10 novembre 2008 à 20:34 | | Répondre
  • Pas d'accord du tout non plus... Pour moi, ce film est un pur chef-d'oeuvre, à voir ici :
    http://vincentthe1.blogspot.com/2007/02/alien-scott.html

    Posté par Vincent, 10 novembre 2008 à 21:01 | | Répondre
  • Dont acte

    Lu ton texte, Vincent, et on n'est effectivement pas d'accord, notamment sur l'art de la suggestion : il me semble que Scott l'utilise par manque de moyens, mais que, contrairement à Tourneur par exemple, il lutte contre : il veut trop en montrer tout en n'ayant pas les moyens de le faire, d'où un "entre-deux" bien maladroit. Quant à la lecture possible sur la cellule familiale qui se transmet ses tares, j'ai l'impression que c'est un discours qu'on voudrait donner à Scott, mais qu'il ne ressent pas, qui est très peu exploité dans le film. Tout comme cette piste plausible de "l'étranger parmi nous" (donc l'immigré, qu'on porte au sein de la communauté mais qui menace l'unité sociale) : Scott est trop peu subtil et intelligent pour affronter vraiment une réflexion, et se contente de réaliser un film d'horreur somme toute très dans la moyenne. Et, sincèrement, ça t'a vraiment fait peur ?...

    Posté par Gols, 10 novembre 2008 à 22:27 | | Répondre
  • La toute première fois, j'avoue, ça m'a terrifié (et pourtant, c'était sur une toute petit TV)... Mais je suis toujours fasciné par les décors de Giger, et par la sublime musique "scriabinienne" de Jerry Goldsmith !
    Je trouve que c'est un film envoûtant, hypnotique, que je continue à ressentir comme tel, même si je connais bien sûr par coeur toutes les scènes-clés (j'ai bien dû le voir quelque chose comme 200 fois, lol) !

    Posté par Vincent, 13 novembre 2008 à 01:54 | | Répondre
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