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On ne peut reprocher à ce réalisateur thaï d'avoir son propre univers. Adepte du plan fixe, de la belle lumière, du fond sonore intriguant - une note légère qui s'invite toujours en fond -, d'acteurs et d'actrices à la beauté lisse, Ratanaruang creuse son sillon dans ce cinéma à l'atmosphère éthérée, ensommeillée (si, ça se dit). S'il faut lui reconnaître un certain charme - une certaine dose d'érotisme même (il s'en passe de bien belle sous les jupettes) -, il y a aussi une petite impression de facilité ou du moins de déjà vu,  - entre Tsai sur la forme et le Lost de S.Coppola sur le fond - un peu lénifiant.

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Un jeune couple en provenance des Etats-Unis se retrouve dans un hôtel à Bangkok. Revenus en leur terre pour assister à des funérailles, l'entente ne semble pas être au beau fixe après 7 ans d'union. Dans cet état un peu planant (j'aurais pu placer ici le mot jet-laggé, mais franchement, vous en avez pas marre vous?), une certaine frustration, un manque de passion semblent remonter peu à peu à la surface. Le type, parti boire un verre dans un bar, rencontre, au petit matin, une très jeune fille qui a rendez-vous avec sa mère - venue de Suède. Il lui propose de venir se reposer dans sa chambre, en tout bien tout honneur - c'est au moins l'air qu'il se donne - en attendant. Forcément sa femme, qui leur ouvre dans un état de demi-sommeil, tire un peu la tronche. A partir de là, la trame se développe entre fiction et fantasme, acte manqué et rêve... L'idée du personnage qui imagine le pire et se réveille soudain est un peu éculé mais Ratanaruang parvient à jouer, avec un certain brio, sur les frontières, la porosité osons, entre songe et réalité; l'on finit par s'y perdre un peu, découvrant au passage aussi bien les troubles désirs de l'homme et de la chtite que la peur du comportement prédateur de l'homme qui taraude la femme (cette idée est d'ailleurs poussée un peu loin et tranche avec le ton général du film - pas la partie la plus concluante à mon avis). Rien de bien révolutionnaire ni d'original en fait : un peu las de la lassitude amoureuse à l'écran... On finirait presque par se demander s'il ne vaudrait pas mieux s'endormir pour voir ce que l'on projetterait de faire soi-même avec la sublime femme de ménage (je m'égare peut-être...). Le climat, néanmoins, tout en demi-mot et en délicatesse, n'est po inintéressant. Bref, pas totalement emballé, j'admets, mais un réalisateur qui trace sa voie avec une belle discrétion. Ses trois derniers longs-métrages ont en tout cas leur propre petite musique et leur rythme particulier.   

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