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Le père Volker n'est point le cinéaste le plus fun de sa génération... Forcément quand, en plus, il adapte Marguerite Yourcenar, faut pas vraiment s'attendre à se fendre la pipe. J'ai dû m'accrocher à mon accoudoir pour aller jusqu'au bout nonobstant certaines qualités évidentes : un noir et blanc résolument marquant - les noirs semblent être à l'encre de Chine ce qui doit être po évident pour colorier chaque image -, une interprétation de Margarethe Von Trotta, totalement habitée par son personnage, qui frôle la grande performance et une atmosphère glaçante. Pour le fond historique, je vous la fais courte : on est en 1919, quelque part dans la Baltique, en pleine guerre civile russe. Des Prussiens, recroquevillés dans une vieille demeure, tentent de résister aux assauts communistes (si vous dormez déjà, c'est pas bon signe). L'histoire est centrée sur les relations "amoureuses" entre un soldat prussien, Erich von Lhommond, et la comtesse du château, Sophie de Reval. Cette dernière n'a d'yeux que pour son Erich mais celui-ci ne tarde point à se montrer d'une froideur terrible. Elle se jette alors aux cous de tous les hommes qui passent - le soldat est toujours preneur - ce qui met de l'huile sur le feu dans leur relation. Pour corser le tout, on ne tarde point à découvrir les sympathies de la comtesse pour les cocos et les relations ambiguës (homo quoi...), par le passé, entre Erich et le frère de la comtesse. Forcément, la tension ne peut que monter d'autant que la mort rôde tout autour de la baraque. Le coup de grâce final, annoncé par le titre, finira par mettre à genoux ceux qui ne dorment pas encore à poings fermés. Pour être sombre c'est sombre, une véritable "oeuvre au noir" pour montrer qu'on a de la culture à défaut d'avouer qu'on s'est ennuyé terriblement. Je vais peut-être pas enchaîner avec un Bergman, m'a littéralement flingué le Volker... 

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