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Distribué en Chine en deux parties, il s'agit donc de la première : ce film épique retrace la célèbre (enfin pour les connaisseurs.... hum) bataille des Falaises rouges qui eut lieu au 3ème siècle après J.C. Après Chen Kaige et Zhang Yimou, John Woo se dit que lui aussi a droit de faire péter tous les budgets pour réaliser un film sans âme mais tout plein de batailles et d'acteurs de renom, Tony Leung et Takeshi Kaneshiro en tête. Vous ajoutez tous les extra de la cérémonie d'ouverture du J.O. plus un bon millier de militaires en goguette et vous obtenez un truc certes impressionnant dans la forme. Dans le fond, je reste sceptique... Le scénar tient sur une baguette - le premier ministre Cao Cao rêve d'envahir toute la Chine. Après une bataille perdue, Sun Quan, le chef des Wu décide de s'allier avec Liu Bei pour éviter l'invasion de leur territoire. Trois mouvements dans cette première partie : une bataille initiale - la défaite de Sun Quan -, l'alliance et la première bataille sur terre entre les deux grandes armées.

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Dès la séquence d'ouverture, on sent qu'on est pas dans la dentelle : un petit zoziau se pose sur la main de l'Empereur, personnage tout jeune et bien innocent; quand son premier ministre arrive tout colère, l'oiseau s'envole - on sent qu'il est po gentil, clair - et demande à l'empereur de déclarer la guerre - ce dernier moufte à peine. On fera dans l'animalier pour tous les symboles (après le zoziau, le tigre (rusé), pis la tortue (plus maline qu'il n'y paraît, eheh)) et dans le ralenti pour les scènes choc (à vitesse réelle, le film aurait gagné une bonne heure): ça charcle dans tous les coins - la spécialité du chef : l'homme fort contre 3.000 ennemis, victoire de l'homme fort - le sang gicle comme des pots de peinture balancés en l'air - et les effets spéciaux numériques sont toujours aussi moches - mais c'est un sentiment personnel. Tony Leung - je suis fan mais bon, il est là surtout pour ajouter des noms prestigieux sur l'affiche semble-t-il (il remplace Chow Yun-Fat, ouh-là!) - livre une petite scène d'amour bien tristounette (les 4 minutes du film coupées?) et on attend gentiment sur une musique casse-bonbon avec trois mille tambours que le film déroule... John Woo lorgne apparemment sur Le Seigneur des Anneaux - sans gnomes, ouf - et semble avoir oublié qu'il fut un grand styliste avant d'oeuvrer à la tête de grosses machines sans un poil d'émotion (je parle même po des deux-trois scènes qui, à mon avis, se voulaient "comiques" tant les répliques sont lourdingues)... A suivre... Mouais, va falloir avoir du courage pour se taper la falaise en entier.   

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