879Rare de tomber sur un film d'horreur aussi indigent, surtout quand il est fait par trois réalisateurs différents. On peut espérer que sur les trois, il y en aura bien un qui apportera satisfaction, d'autant qu'ils sont tous d'origine différente (Corée, Thaïlande et Hong-Kong) ; mais là, non : tous rivalisent de vide intersidéral, comme quoi la crétinerie fait fi des frontières.

Inutile de revenir sur chacun des courts-métrages : ce sont les trois mêmes. Dans chacun, la même crânerie inutile, qui semble leur donner droit de surexploiter les gadgets de réalisation : montage "cut", lumière bleue, musique stridente, ralentis impossibles, bruitages improbables, construction alambiquée pour cacher le rien. Ce sont de tristissimes histoires de fantômes qui tentent de se raccrocher à une tradition asiatique ancestrale, et qui ne font que copier pour la 300ème fois les aînés (surtout Nakata, qui décidément semble être la seule référence de la jeune génération, mais aussi un poil de Kiyoshi Kurosawa, voire, et c'est plus grave, Ridley Scott ou Alan Parker). App1_w434_h_q80paritions dans un coin de porte, petites filles inquiétantes, appartements déserts, eau saumâtre, explosion de la cellule familiale, fascination bigotte pour la vie après la mort : on bâille gravement devant ces films laids et poseurs, qui, se rendant bien compte qu'ils n'ont aucune nouvelle façon de raconter à proposer, mettent leur point d'honneur à brouiller les pistes pour nous faire croire à une complexité scénaristique.

Un petit satisfecit pour le dernier film, celui de Peter Chan, parce qu'il traite un peu plus simplement son histoire, et qu'il est éclairé par Chris Doyle, mais c'est vraiment pour dire. L'ensemble tombe littéralement des yeux. C'est ringard, clipesque, jamais inquiétant, purement commercial et lamentable. Gros navets.