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Voilà très longtemps que je voulais découvrir ce film (bizarrement, jamais eu l'occase avant...) et c'est donc chose faite. C'est toujours quand on place son attente très très haut qu'on se retrouve finalement toujours un peu déçu. Attention, Lord of the Flies mérite le détour, bénéficie d'un style, d'une mise en scène et surtout d'une mise en images remarquables mais ce perpétuel mouvement, ce rythme, ce montage très "libre", un peu décousu peut-être, donne aussi parfois peu de temps pour achopper et s'installer dans l'histoire.

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Un générique d'ouverture "chrismarkerien" - des photos, des sons - pour nous narrer ce crash d'un avion sur une île déserte, c'est certes dix fois moins spectaculaire que Lost mais deux fois plus efficace et poétique. On retrouve deux bambins sur la plage, "miraculeusement" sains et saufs, ils découvrent une conque, l'un d'eux souffle dedans et une ribambelle d'enfants apparaît, comme sortis de nulle part. Dès les premières images on sent que la caméra capte avec une grande habilité ces visages d'enfants un peu effarouchés, navigue de l'un à l'autre pour retranscrire leur air un peu hagard. Une sorte de caméra-vérité du meilleur effet. Ralph se fait élire chef du groupe malgré la présence du charismatique Jack, le leader de la chorale, qui accepte dans un premier temps cette décision; ce dernier transforme "les enfants de choeur" - jolies petites têtes blondes au demeurant...- en chasseurs et la violence de ces derniers va devenir de plus en plus difficile à canaliser. Les plus "tendres" et souvent les plus réfléchis en feront les frais, Golding via le père Brook en faisant rapidement une horde de sauvages. On les retrouve peinturlurés, faisant du bruit avec tout ce qu'ils trouvent et entonnant surtout des chants guerriers qui feraient passer la Marseillaise pour une comptine. La bande son est d'ailleurs diablement efficace, dommage donc que l'on glisse, à mon goût, un peu trop rapidement sur les personnages : si Brook parvient à retransmettre parfaitement l'énergie qui se dégage de ces jeunes corps en éveil, on manque parfois de séquences de référence pour s'arrêter en profondeur sur leur caractère; seul le gamin "Piggy", sûrement le plus attachant de la troupe, capte finalement toute l'attention de la caméra... Cette petite réserve mise à part, plusieurs plans sont parfaitement amenés (le parachutiste, la tête de cochon, les lunettes fracassées puis la mise à mort de ca pauvre Piggy...), comme des flashs qui traduisent la brusque montée d'adrénaline des gamins avant la chasse à l'homme finale - la dernière séquence est définitivement à couper le souffle avec ce magnifique gros plan "inattendu" sur les... bon ok, je garde le suspens si jamais vous êtes po familiarisé avec l'oeuvre de Golding. Bref un rythme assez échevelé, des gamins filmés "au naturel" avec une grande sensibilité, l'essentiel pour ne pas dire l'essence du bouquin de Golding parfaitement rendu, ne faisons point la fine mouche (rires, ah non?) malgré cette légère impression (toute personnelle?) d'un certain "flottement" dans la construction narrative et la "densité" des personnages.   

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