51099_sophie_marceau_et_pascal_greggoryJe n'avais pas vu de Zulawski depuis au moins 15 ans, ayant fait dans mon adolescence de ce nom une sorte d'anathème, une sorte de formule évoquant l'Antéchrist si vous voulez. Et voyez mon honnêteté : je me suis dit qu'il fallait peut-être le revoir aujourd'hui que je suis un vieil homme à la barbe grisonnante (j'ai 37 ans). D'où La Fidélité...

Eh bien, je suis très heureux de vous annoncer que mon adolescence avait de bons côtés : Zulawski, c'est l'Horreur Pure. 2h39 de crétinerie prétentieuse et vaine, abyssalement conne et formellement hideuse, ça faisait longtemps que je n'étais pas tombé dans de tels tréfonds. Mais il faut dire que j'aurais dû mieux lire la jaquette : il y a Sophie Marceau dedans. Je sais que c'est mal de tirer sur les ambulances, mais là, franchement, c'est un festival : elle est nullissimme, mauvaise comme c'est pas permis. Comme à son habitude, elle considère le plateau de cinéma comme un podium de défilé, et elle nous sert ses petites mines de star047249_ph3_w434_h_q80 profonde avec un manque d'humilité qui confine à la folie. Mais ici avec la différence marquante que le gars qui la filme la trouve super. Très honnêtement, à chaque fois qu'elle apparaît, on se croirait dans un vieux clip de Patrick Bruel. Pour dire "passe-moi le sel", elle se plaque contre un mur, expulse une larme, et serre les dents pour bien nous faire comprendre comme elle est habitée. Marceau est belle, certes, mais l'inconvénient est qu'elle le sait et le clame à chaque plan. La photo ci-contre n'est pas issue du dernier numéro de Elle : c'est une vraie scène du film, dans laquelle elle est censée... faire l'amour... Oui, m'sieur dames, Sophie Marceau fait l'amour en étreignant des murs et en regardant la caméra avec un air habité, chacun son truc.

Inutile de revenir sur le reste : tout y est à l'image de cette photo. Zulawski voudrait faire l'oeuvre ultime sur le pouvoir du regard, la chiennerie de ce monde, l'horreur des médias people qui casse la beauté des sentiments ; il nous sert un bidule infâme, qui se prend tour à tour pour Godard, Dostoïevski et Sautet. Vu 51101_guillaume_canet_et_sophie_marceaules fous-rires fréquents que j'ai eus en regardant ce film, il est plus proche de Claude Zidi. Des sentences qui plombent chaque ligne de dialogue, une direction d'acteurs hystérique (ça a fait sa marque, mais le gars ne s'est toujours pas rendu compte que ça ne fonctionnait pas), un romantisme de vieille dame anglaise, une réflexion morale digne d'un cours de géo-politique de CM1, une accumulation de scènes impossibles qui font halluciner de ringardise et de maladresse... On voudrait citer toutes les scènes, qui à chaque fois mettent sur le cul (il va pas oser ? si !); le mieux est que vous alliez immédiatement louer ce film : si vous êtes un tant soit peu adepte du second degré, vous allez passer un grand moment de rigolade. Pour ma part, je me passerai peut-être de Zulawski pour les 15 prochaines années.