afdeuxansapres_w434_h_q80N'étant point du genre à m'arrêter en si bon chemin, pourquoi pas glaner la suite dans l'élan. Agnès Varda rend hommage à tout le courrier qu'elle a reçu, suite à son film, rend visite à ces quelques admirateurs anonymes qui le deviennent moins et retrouve quelques-unes des personnes de son précédent film : le fameux glaneur végétarien, toujours alphabétisant mais également marathonant (plus rapide que votre serviteur, le bougre... je glande trop peut-être...), ces S.D.F. qui voguent de terrains vagues en foyers en passant par des caravanes - Agnès, toujours aussi soucieuse et s'inquiétant de leur petit problème avec la dive bouteille (notre ami Claude, content d'être devenu "plus indépendant de lui-même" (magnifique formule)), ce vendangeur psy qui glane dans les esprits, ce black toujours serviable qui a perdu son ami asiatique et qui continue d'aller "par ci par là tronçon tronçon" - la beauté de la francophonie... Il y a de nouveaux visages qu'Agnès croise dont cet homme à l'immense barbe blanche qui glane sur les marchés pour "ne pas perdre la main" en vue des prochains gouvernements français qui s'annoncent - la palme pour son côté visionnaire -, un couple de boucher Roger et Josette, douze fois médailles d'or de la rosette (cela ne s'invente pas) et enfin Agnès qui évoque avec une grande humilité, le passage du temps sur ses mains. Des petits clins d'oeil amicaux en hommage à ceux qui font la matière même de son oeuvre et qu'elle se refuse de laisser derrière elle. Un coeur de femme qui germe en direction des autres, la pomme de terre a enfin trouvé une place de choix dans le septième Art.

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