sparrow

Vraiment déçu par cette dernière mouture du surproductif Johnny To. L'intrigue, pas crédible une seconde, tient en une phrase - une joulie chinoise, aux griffes d'un vieux sugar daddy qui détient son passeport, tente de convaincre une bande de pickpockets de voler à son secours - et l'on se dit que l'intérêt est forcément ailleurs. Comme son héros, qui troque le scooter de Nanni Moretti pour une bicyclette, voleur d'images dans la bonne ville de Hong-Kong, Johnny prend encore et toujours un immense plaisir à prendre sous tous les angles les rues de sa cité. Sa caméra se fait aussi légère que ce gentillet moineau pour survoler les impasses et les avenues en pente de sa ville fétiche. Avare en dialogue -pourquoi pas-, le film tente de capter l'art du pickpocket, artiste kleptomane... Seulement, avouons-le tout de go, on est loin de Robert Bresson - Robert, incontournable dans le genre - et le morceau de bravoure final avec moult ralentis et parapluies est bien terne - pas toujours lisible d'ailleurs -, surtout après une heure où il ne se passe po grand-chose. En comparaison avec d'autres oeuvres stylisées de ce maître du polar, la légèreté de l'ensemble laisse un peu froid - les personnages, typés, étant loin d'être attachants, qui plus est - et la grâce à capter une jeune fille fuyant dans les rues est loin de faire oublier tous les instants creux du film. Il y a bien quelques pointes d'humour - la bande des quatre qui font figure de véritables "bras cassés" après un règlement de compte musclé ou qui tentent désespérément de tenir sur le même vélo - mais cela ne suffit guère pour arriver à la cheville des grandes oeuvres du gazier. Léger, léger... mais un (en)vol qui s'oublie vite.

18943573