14 septembre 2008
Hitokiri le Châtiment (Hitokiri) (1969) de Hideo Gosha
J'ai un peu eu la dent dure jusqu'à maintenant avec Hideo Gosha et je m'en excuse platement tant cet Hitokiri est un must du genre. Voilà bien longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir devant un fameux film de sabre nippon, retrouvant au passage le rondouillard Shintarô Katsu, le héros des Zatoichi et de Hanzo the Razor - qui n'est autre que le frère de l'immense Tomisaburo Wakayama, le personnage de Baby-cart - et Tatsuya Nakadai, l'homme au regard d'acier, plus avare en clignements d'yeux que Fabrice Luchini. Il s'agit, classique, de l'histoire d'un samourai-paysan intouchable, tête de lard comme pas deux, qui fait la douloureuse expérience de la trahison. Formellement impressionnant, de giclements de sang en geysers aux plongées verticales, c'est un vrai régal.
Izo Okada est sans le sou, se réveille le matin très colère en fracassant tous les bouts de bois qui traînent alentour. Heureusement, le chef du clan Tosa, Takeshi, a décidé de passer à l'action en éliminant un à un ses adversaires pour conquérir une place au soleil - levant. Izo Okada est l'homme de main parfait, qui charcle tout ce qui passe et suffisamment naïf pour croire qu'il agit pour la bonne cause. Okada, traité comme un "chien" par son chef - très jolie parabole nipponne sur l'exécutant et son maître -, va décider tout de même sur un coup de tête de couper les ponts en cherchant à se louer ailleurs, avant de revenir tout penaud (personne n'ose se mettre à dos le clan Tosa) vers ses croquettes Friskies. Il exécute une ultime mission d'enfoiré pour mieux se rendre compte que Takeshi est prêt à tout pour se débarrasser de lui. Izo Okada, fumasse, est loin d'avoir dit son dernier mot.
Attachant cet Izo, malgré ses méthodes expéditives, capable de s'envoyer 25 pichets de sake avant de s'écrouler et fidèle jusqu'au bout à la prostituée qu'il entretient; il faut le voir s'écrouler comme un gamin lorsqu'il se fait rembarrer par son chef - superbe plan dans la flaque d'eau avant que l'Izo ne devienne à son tour "tout liquide" - et serrer des dents comme un mort de faim pour aller jusqu'au bout de ses convictions : faut jamais lâcher une bête sauvage dans la nature, surtout lorsqu'elle est rancunière. Hideo Gosha nous gratifie de combats au cordeau, le format 2.35:1 est exploité dans toute sa largeur (dans les tête-à-tête ou simplement pour isoler un homme dans un coin du cadre), certaines images sont d'une beauté rare (le plan vertical sur la rivière qui se remplit du sang du noble assassiné) et certaines séquences sont de véritables morceaux de bravoure du genre (Le marathon d'Izo qui se tape 45 km d'une traite en faisant voler la poussière pour arriver pilepoil à l'instant où s'engage le combat - 8 seaux d'eau sur la tête et, au final, 38 personnes démembrées). Gosha, grand adepte de la pluie et des courts flashs-back, construit son film de façon à ce qu'on ne se perde jamais dans les multiples intrigues et coups fourrés, et n'oublie point les petits moments pince-sans-rire qui reposent essentiellement sur les épaules du gros nounours bougon Izo. Bref, de quoi reprendre la foi pour attaquer les quelques Hideo Gosha en berne depuis quelques temps sur la table du salon.
Commentaires
Hallucinant comment vous racontez n'importe quoi sur ce blog !
Il n'y a qu'à lire votre "critique" de "THE BLADE" pour s'en convaincre ...
Ceci dit, très long travail, donc bravo, mais va falloir arrêter de se la raconter comme ça ...
The raconteurs
Ses quelques avis n'engagent que nous, sans prétention, juste pour le plaisir d'évoquer les films qui nous plaisent et ceux qui nous plaisent... moins. Pas fan de The Blade, non, mais ton avis est toujours le bienvenue. Je préfère qu'on me reproche de raconter des conneries (po la science infuse) que de "me la raconter" - bah, c'est jamais qu'un blog, ouvert à la discussion...
PS solidaire
... pour compléter, je crois que Shang sera d'accord pour reconaître qu'on a justement créé ce blog pour avoir le droit de "dire n'importe quoi" sur les films, subjectivité et mauvaise foi étant un peu nos totems. Pas d'ambition encyclopédique, pas de candidature aux Cahiers du Cinéma, il y a d'autres blogs très bien pour ça.
J'ajoute que le texte de mon compère sur The Blade est un des plus drôles qu'il ait pondus. Ce qui remplace toutes les analyses pointues que je connaisse.
Putain une barre de rire.
J'avais la triste impression depuis que je parcours ce site de réentendre le même blabla incessant de mes profs de ciné ... les même réalisateurs, les même films ... cette même mauvaise foi ...
Mais c'est normal ! Vous êtes profs !
C'est extraordinaire.
MEREJ
50% seulement des auteurs de Shangols sont profs... Eh mais sinon, MEREJ, il y a une autre solution qui t'énervera moins : ne nous lis pas. Tu verras, la vie est plus belle. Sans rancune.
Et puis, mais ça c'est de l'orgueil, tu es sûr que tes profs de cinéma t'ont parlé de nos machins improbables, au hasard "Elstree Calling" d'Hitchcock, "The Outskirts" de Lutsik ou "La grande extase du sculpteur sur bois Steiner" de Herzog ? On fait pas que dans le box-office quand même !
VER EJ
Bon je suis jamais que prof de FLE, mais content de savoir que je pourrais être prof de cinoche. Bon, si jamais tes profs ont vu Chut(e), alors là, chapeau bas. En terme de mauvaise foi, je crois qu'on tient un client.
Ce n'est pas votre écriture que je critique mais votre manque évident d'humilité.
Vous avez fait sur votre site un travail remarquable, mais qui, je pense, est quelque peu gâché par ce ton prétentieux, typiquement français.
Mais je le répète, vôtre blog mérite toute mon attention ...
Je ne fais qu'exposer mon ressenti.
Et je suis effectivement le roi de la mauvaise foi !
MEREJ
Dont acte. C'est pas faux qu'il arrive qu'on se la pète (je parle pour moi, j'aime bien les grands mots parfois). Mais enfin, rien qui justifie une telle colère, si ?
Allez, brisons là.
Mais je ne suis pas en colère !
Je vous aime bien !
MEREJ
Fin de polémique
Bon, bon, alors on s'est mépris. Merci de cette déclaration d'amour, Merej, et vive nous.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=110219&pid=10573305
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

