Lorsqu'il est question de sexe et de sang, il faut reconnaître que nos amis nippons n'y vont pas avec le dos de la cuiller. Il serait cependant un peu mesquin de réduire ce film à une débauche d'érotisme ou de violence - le titre français est non seulement aguicheur mais en plus à côté de la plaque. Wakamatsu traite aussi bien du voyeurisme que de l'impuissance dans une société violente où il est dur de trouver son petit coin de bonheur - surtout quand on est complètement starbé, convenons-en.

5

Au départ, on assiste à un montage de photos de femmes dénudées, les nombreux gros plans relevant presque du fétichisme. On découvre un homme qui a une quasi-relation charnelle avec une peinture et qu'on retrouve à la fin le nez planté dans un magazine olé-olé. C'est notre héros. Wakamatsu nous transporte ensuite dans l'école d'infirmières du Lis Blanc (pur, pur, si on veut) où deux infirmières passent des nuits relativement chaudes. L'une des infirmières, qui prend un malin plaisir à les observer, aura la bonne idée d'inviter un jeune homme (notre héros) qui rôde dans les parages pour assister au spectacle. C'était po une bonne idée en fait, notre homme armé, sûrement frustré d'être encore et toujours en position de voyeur, flingue l'une des deux donzelles. Ca rigole déjà moins. Tour à tour, quatre des cinq infirmières qui restent, vont tenter de mettre fin au carnage : l'une en fuyant, nan, pas bon, une seconde en s'offrant à notre homme, pas mieux, notre gars ayant l'impression de se ridiculiser sous le regard des donzelles, une autre enfin en lui racontant sa vie, en cherchant à le toucher en parlant de son fils et des infirmières qui ne sont jamais que des "anges en tenue blanche" - la peur nous fait dire de ces choses (bien joli plan-séquence, soit dit en passant, sur une bande sonore particulièrement soignée et éprouvante). Notre gars est lui quand même plutôt pervers et diabolique et sa version d'un ange au féminin est carrément infernale : cela nous donne la première image en couleur du film : la quatrième infirmière quasiment crucifiée. Bon mais qu'est-ce qui veut bon sang? - c'est le mot.

7

L'ultime jeune fille se la joue beaucoup plus fleur bleue, se lance dans une jolie chanson, elle rêve du "prince charmant qui vient de l'océan" (beurk, elle est naïve quand même, surtout vu le type...) et les images qui suivent sont d'un romantisme vraiment cucul (la mer filmée avec un filtre bleu, cette jeune femme nue qui court suivi par ce malade - David Hamilton, au secours)... On comprend plus ou moins que notre homme est plutôt à la recherche d'une image maternelle (on le voit, enfant, la tête sur les genoux de sa mère...) et il trouve enfin quelques secondes de repos dans ce monde de brutes (le film montrant à la fin des images violentes tirées de l'actualité), en se reposant sur les cuisses de la jeune femme. Ce havre de paix est quand même au final bien tiré par les cheveux, même si la société, comme disait l'autre, à les assassins qu'elle mérite : si tous les frustrés dézinguent cinq infirmières avant de se calmer, le métier va devenir bien difficile. Loin d'être inintéressant cela dit pour un film "rose" nippon et d'une certaine maîtrise formelle. (Grand merci au passage à l'excellent site Wildgrounds pour les sous-titres, les photos et les articles de fond)

8