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Indéniablement austère et pas d'une gaieté follichonne, on peut se demander si Le Diable probablement n'est point le film le plus désespéré de son auteur. Curieusement encore et toujours en phase avec notre monde actuel - comment ça, on polluait déjà il y a trente ans et on a rien fait depuis, c'est franchement abusé... - El_diablo_probablementece discours de fond n'est peut-être finalement pas celui qui prévaut dans cette histoire. Ce pauvre Antoine Monnier -qu'on a jamais revu depuis, sans doute pas plus mal- erre dans Paris et souffre de sa lucidité. Ultra sceptique devant le monde qu'on lui propose, n'éprouvant pas de désir à s'engager dans une cause, ne croyant guère plus à la vie qu'à la mort, il tente de s'accrocher en pure perte aux quelques femmes qu'il rencontre : quelques minutes de plaisir, de jouissance mais qui lui donnent bien souvent immédiatement envie de se jeter dans la mort. Encore faut-il trouver le courage de supprimer ce corps, ce n'est jamais si simple... Notre Antoine dort dans des églises en écoutant du Monteverdi mais l'illumination ne viendra point. Sans foi, que reste-t-il...? Il écoute un petit air de Mozart qui s'échappe d'une maison mais lorsqu'il constate que cette musique vient d'un poste de télé, il continue irrémédiablement de marcher vers sa mort. Même dans les derniers moments, aucune pensée sublime ne vient l'atteindre, semblant le conforter dans sa décision tragique. Ah c'est po gai, les amis, d'autant que le jeu atone de nos jeunes gars (Rohmer à côté c'est du Kenneth Brannagh) n'a rien d'euphorisant ("Vite, vite, allons" dit un moment l'une des jeunes filles à deux à l'heure... bah, cela ne changera rien, marche...). Du pur Bresson, direct comme un uppercut, qui donnerait presque envie de s'envoyer deux ecsta dans la foulée. A voir l'âme sereine.

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