t38946crnxyJe vous accorde qu'il faut être un peu starbé pour se mater un documentaire de 45 minutes en allemand; certes, j'en ai fait presque 10 ans, mais ma compréhension reste, elle, bien primaire... Ceci dit les images, bienheureusement, parlent d'elles-même et on a pas trop de mal à suivre le périple du Werner : il nous emmène cette fois au Guatemala, à Antigua, lors d'une procession toute dévouée au Christ. Après un petit parallèle un poil ironique entre le Christ portant sa croix et certains locaux chargés comme des mules - du bois, des pierres, des pastèques... - Herzog se penche sur la période des conquistadors qui ont massacré nos pauvres autochtones en leur inculquant leur religion. Pour se faire, il se rend à la Bibliothèque Nationale de France et à Florence pour dénicher deux splendides manuscrits qui illustrent le carnage. Il se concentre ensuite sur les dévotions envers Saint-Simon, la star locale apparemment (ouais m'en demandez pas plus), et il est clair que le culte rendu au gars dans ce "local religieux" - une cour où en temps normal certains gamins viennent jouer au foot (enfin, je faisais bien des parties de foot endiablées sur le parvis de la cathédrale de Moulins, moi, du temps de ma jeunesse, on va pas se moquer) - n'est pas toujours très "catholique"... On fait brûler un paquet de trucs (c'est presque bouddhique) et surtout, hommes mais aussi femmes et enfants fument des cigares gros comme mon avant-bras. On assiste également à un étrange cérémonial - genre d'exorcisme apparemment - où le marabout te crachouille sur tout le corps ce qui doit être de l'alcool et te fouette rudement avec des feuilles... Cigares, alcool, ils auraient ptêtre réussi à me convertir les bougres. On revient enfin sur la procession avec des chars dignes d'un carnaval et une mise en scène de la mort du Christ relativement crédible. Herzog semble se questionner (je fabule, ah?) sur ce Christ qui a supplanté les anciennes croyances et porte un regard plein de curiosité sur ces rites mixtes (cela me rappelle d'ailleurs une scène de Cobra Verde où le père catho, prisonnier chez le roi du Dahomey, donne l'hostie à une chèvre, hum). Bon, qu'on ne me reproche point avec le 1999ème article de ce blog de ne pas faire le maximum pour voir tout Herzog, hein...

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