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Protégé de l'ami Tsai Ming-Liang (acteur vedette de ses films, le Tsai ayant également produit ses deux films), Kang-sheng Lee est un adepte des plans fixes qui durent trois plombes, des personnages erratiques et quasi muets et des intrigues minces comme des bretelles de soutien-gorge.

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Pour résumer, Ah Jie est un gars limite désespéré, qui semble avoir tout paumé à la bourse. Il passe son temps à fumer de l'herbe (il a chez lui une très jolie plantation), à appeler une femme dodue qui bosse pour un SOS détresse amitié taiwanais, et surtout à tenter toutes les p18818247_w434_h_q80ositions avec l'aguichante Ivy Yi (mes cours de littérature du samedi sont gratuits pour toi, tu me remercieras plus tard). Il vit en effet au dessus d'une rue occupée par des vendeuses de noisettes (!... unique, j'imagine pas le même truc à Bessay-sur-Allier) qui paraissent nuit et jour dans des tenues ultra affriolantes. Le film est ultra coquin, parfois cocasse et souvent d'une vacuité abyssale. On a un léger rictus à suivre pendant dix minutes un Ah Jie complètement stone, en train de faire bouillir l'eau de ses nouilles instantanées, ou faisant d'interminables petites soufflettes à ses visiteuses. On est content pour lui de le voir soixanteneuver, debout, couché, voire partouzer avec ces filles mignonnes à se damner - un tournage sûrement très jouissif, si je peux me permettre. On a d'ailleurs droit à une séquence de corps emmêlés sur les toits d'anthologie, véritablement superbe esthétiquement, différents motifs étant projetés sur nos partouzeurs d'un soir. Il y a bien quelques jolis petits gags (les recettes de cuisine à la télé, la photo prise par le radar en bagnole, Ah Jie courant derrière un camion qui diffuse les résultats du loto...) qui font doucement sourire...

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Mais on est aussi souvent terrassé par l'ennui, les moments creux composant l'essentiel de la journée de notre Ah Jie. Certes, on comprend bien que ce n'est pas la joie, que la fumette assomme son homme, que l'amour finit toujours par se faire la malle - enfin ça va, on peut pas dire qu'il a été particulièrement malheureux sur l'action le pépère (moi aussi, tiens, je vais cultiver des plants de marijuana dans mon placard avant d'inviter toutes les masseuses du dessous (ah non, ma femme me fait les gros yeux, po bonne idée)) - et que la vie à Taiwan n'est guère plus passionnante qu'ailleurs. Il est un peu dommage que le Lee se complaise dans le style du Tsai, sans parvenir à rendre son univers signifiant; on oscille le plus souvent entre le porno soft, le clip chic et choc, et le guide en image du parfait fumeur d'herbe. C'est un peu maigre comme trip, et très superficiel malgré la beauté de certains cadres (et des pépettes « fantasmagoriques »... hum).

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