IGenre de bilan sur la première partie de la carrière de Werner Herzog, on ne peut point dire que ce reportage soit vraiment passionnant : extraits du tournage de Stroszek où Herzog chambre méchamment et défie deux montagnes d'acteurs (on assistera pas au combat prévu dans une petite salle de sport, Werner s'en sort bien), interview un peu mi-figue mi-raisin d'Herzog, le journaliste ayant résolument du mal à savoir vraiment mener la discussion, et nombreux extraits de films qui n'apportent rien de neuf au sujet. Parmi les deux trois choses que livre Herzog, il évoque une enfance où il avait semble-t-il un peu de mal à contrôler certaines montées de violence, un vrai sentiment de solitude qui ressort de toutes façons dans chacun de ses films, le tournage de Signes de Vie qui a sonné pour lui le glas de sa jeunesse, un peu comme s'il avait soudainement sauté de 20 à 30 ans, ou encore cette zénitude totale lors du tournage de La Soufrière où il avoue n'avoir eu alors aucune peur de mourir, la mort ne lui faisant plus vraiment peur... Il a résolument beaucoup de mal à parler de sujets plus intimes, n'en voyant point au demeurant l'intérêt, sa personnalité étant déjà fortement exposée dans ses films; il balance d'un revers de la main les longs moments perdus sur les bancs de l'école ainsi que la psychanalyse. Il revient un peu plus longuement, seul passage finalement un peu intéressant, sur la fin, sur sa relation avec Kinski, avec un enregistrement où ce dernier l'engueule comme du poisson pourri. Mais il coupe court au rumeur les plus démentielles, certes l'ambiance était tendue, certes il y a eu des menaces, mais au final Herzog -généralement stoïque face aux crises hystériques de l'autre animal- avoue avoir beaucoup appris au contact de Kinski, sans céder non plus sur sa propre vision des choses. Entretien pas vraiment au niveau de la vision et de l'imaginaire herzogien.