LoneWolfAndCub3_1Animeigo_pic1_1_Après une première heure un peu molle - une petite scène de torture endurée par notre Ogami pour avoir protégé une paysanne-prostituée (rester 3 secondes la tête dans l'eau, moi aussi je peux le faire... il morfle niveau coup de bâtons sinon quand même), le film trouve toute son ampleur dans ce combat sur un terrain lunaire entre Ogami Itto et 346 po gentils. On se rend compte que le landau a plus d'option que la voiture de James Bond et c'est assez poilant. Les 346 vont rejoindre d'autres cieux et un samouraï de haute volée vient le provoquer en duel... Celui-ci blessera dans le dos le Itto mais se retrouvera transpercé de part en part par un sabre, et dans ces cas-là, c'est clair qu'on a perdu. Celui-ci lui posera alors la question cruciale qu'ironie du sort je me posais ce matin au lever : "Pour devenir un vrai samouraï faut-il mourir ?" Ogami Itto réfléchit trois secondes et lui balance la formule qui tue: "Un vrai samouraï doit vivre avec la mort" - l'autre ça finit de le scier et il demande pour laLoneWolfAndCub3_1Animeigo_pic2_1_ forme d'être décapité si Itto peut lui permettre cet honneur - comme il est cool l'ancien bourreau s'exécute - il a pas perdu la main, lui - et on a droit à un très joli mouvement de tête qui roule en caméra subjective. Sinon quoi de neuf ? Pas de bol, il y a une bombasse mais aucune scène de promiscuité avec Ogami qui devient de plus en plus stoïque. Son gamin, quant à lui, ressembaby_cart_in_hades_1_1_ble de plus en plus à Ronaldo et sert de leurre pour attirer les brigands (finira mal le mioche) et on assiste encore à une passe de sabre exceptionnelle avec transperçage de crane à la verticale, un mouvement de toute beauté que l'on exécute après une pirouette en l'air. J'ai pas encore essayé, j'ai peur de casser l'aquarium.   (Shang - 14/09/06)


Ah non non, pas molle, cette première heure, loin de là. Certes, elle ne contient que peu de coups d'éclats sabresques, mais elle ouvre gentiment la série à quelque chose de plus contemplatif, de plus poétique, et c'est pas un mal. A l'instar de la musique, de plus en plus mélancolique et "occidentale", il y a dans cette première moitié des tas d'idées fort jolies, simples comme des haïkus, et qui redessinent bien les rapports de ce joli couple que forment Itto et son gosse : le landau accroché à une barque, et qui flotte au gré du courant, ou la longue parenthèse où le chtiot regarde des grenouilles ou des escargots sous la pluie... on dirait presque du Mizoguchi, et ça permet de respirer un peu au milieu des flots d'hémoglobine habituels.

babycart3BCeci dit, on retrouve ceux-ci avec bonheur il est vrai, même si on a l'impression que Itto devient un peu trop invincible. Le chiffre de 346 ennemis avancé par mon camarade est loin de la vérité, ils sont au moins 8259, et Itto s'en débarasse un peu trop facilement. Mais la mise en scène de ce combat dantesque est vraiment au petit poil, Misumi teintant son esthtique nippone classique d'une modernité étrange, un peu à la Sergio Leone (les pistolets, mitraillettes et bâtons de dynamite font clairement leur apparition au milieu des sabres). Quant aux duels "à l'ancienne", ils sont annocés avec une grande solennité et ne durent qu'une demie-seconde environ, c'est un peu dommage.

Bon, mais c'est juste pour dire : Baby Cart 3 est toujours un grand moment de poilade. Un samouraï qui discute des points de règlement de la fédé avec un sabre planté dans le bide, des violeurs bavants qui n'enlèvent jamais leurs slips, un Itto tellement intérieur qu'on se demande s'il n'est pas un peu autiste, et effectivement BabyCart_03une bombasse qui fait la maline en affirmant qu'elle n'a aucune morale et que Misumi se garde visiblement pour un épisode futur. Le bébé, sûrement parce qu'il a un nouveau chapeau flambant neuf, fait de plus en plus son malin, applaudissant sournoisement l'habileté d'un méchant avant que papa ne le découpe en rondelles, faisant mine de se noyer pour mieux attirer les félons, le tout avec un regard torve qui rendrait fou de rage Sarkozy. Faut dire que son éducation n'est pas non plus au taquet, à ce gosse, qui voit voler des têtes à longueur de journée. Le film est enfin très instructif sur les différents style de combat, les Inokawa-sawa ou les Iro-kazikaka (de mémoire), chacun présentant une façon originale de sortir le sabre de son étui, chacun se terminant en général par l'empalement interloqué de son élève dans la seconde qui suit.   (Gols - 21/04/08)