5Herzog suit l'expédition au Pakistan de deux alpinistes, Messner et Kammerlander, qui entreprennent l'ascension de deux des plus hauts sommets du Monde l'un à la suite de l'autre. Si ce genre d'aventures nécessite une grande préparation et l'aide de multiples porteurs jusqu'à l'établissement du dernier camp, ce qui intéresse Herzog c'est ce qui pousse nos deux hommes à atteindre ces sommets. Messner, s'il parle d'une certaine volonté d'aller au bout de ses limites, donne une tournure presque métaphysique à la chose : il n'a plus grand-chose à prouver, à se prouver, mais malgré tout, il reconnaît que, dans la difficulté, il établit comme une sorte de communion avec son frère décédé lors d'une précédente expédition (terrible de voir cette "montagne" s'effondrer tout d'un coup lorsqu'il parle de l'annonce à sa mère de la mort de son frère). Herzog opère une mise à nu, littéralement et psychologiquement, de son protagoniste, alors que celui-ci sort d'une eau 2glaciale, en lui demandant d'essayer de définir le sens qu'il y aurait dans cela : ce dernier, assez philosophiquement, avoue une certaine volonté d'aller jusqu'au "bout" du monde comme on va au "bout" de soi; il n'y a pas dans cette fin, dans ces fins, un sens particulier à donner, à trouver : juste une façon, peut-être un peu plus extrême qu'une autre certes, de donner une dimension à sa vie - sans gloriole, ni recherche de quelconque révélation spirituelle. Une aventure humaine, quoi,  d'une folie parfaitement assumée et bien joliment filmée, ma foi.

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